Titres services pour l'accueil des enfants en Wallonie ? Les syndicats s'y opposent

Titres services pour l'accueil des enfants en Wallonie ? Les syndicats s'y opposent
2 images
Titres services pour l'accueil des enfants en Wallonie ? Les syndicats s'y opposent - © DIRK WAEM DIENSTENCHEQUE TITRES-SERVICES - BELGA

Le futur gouvernement wallon (PS-MR-Ecolo) annonce qu’il étendra le mécanisme des titres services à l’accueil et le transport d’enfants de 3 à 11 ans. La déclaration de politique régionale wallonne y consacre une ligne au chapitre "emploi, conciliation vie privée et professionnelle : "Ce mécanisme permettra de proposer une alternative de qualité aux parents qui ont des horaires tardifs tout en créant de l’emploi stable et de qualité dans ce secteur. Le gouvernement veillera au renforcement des qualifications et à une formation adéquate des encadrants".

Les syndicats n’en veulent pas

Le Setca, la CGSP wallonne, et la CNE s’y opposent. Les deux centrales FGTB wallonnes voient dans cette mesure, sous le prétexte d’un meilleur accès au marché du travail, et singulièrement pour les femmes, "un outil de flexibilité, et de dérégulation", un "sous statut", "du dumping par rapport aux structures déjà existantes".

Et puis, le prix forfaitaire de 9 euros tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ne permettra pas, disent-elles, aux travailleurs les moins nantis d’y avoir accès :"Un travailleur dans le secteur du commerce n’a pas les moyens de donner 9 euros par titre service et par heure, alors qu’il en gagne à peine plus par heure".

Pour la CNE, "on détricote tout simplement ici tout le travail de professionnalisation mené ces dernières années en Wallonie dans le secteur non-marchand. On prend ici la direction inverse". La CNE cite l’exemple des aides familiales titres services qui ont été intégrées aux dispositifs des aides aux familles. Elles sont désormais des aides ménagères sociales, leur intégration, outre un meilleur statut, a permis de tenir compte de leur ancienneté, ce qui n’était pas le cas lorsqu’elles étaient titres-services. Autre exemple, dit la CNE, tout le travail actuellement mené avec l’ONE pour les professionnels de l’accueil extrascolaire.

Cette décision de la future majorité arc-en-ciel en Wallonie va à l’encontre de ce que les organisations syndicales défendent, expliquent les syndicats socialistes, à savoir des structures pérennes, financées durablement, avec du personnel qualifié en suffisance, dans un environnement sécurisé, mais aussi accessible à tous en fonction des revenus. Pas question, disent les centrales de la FGTB , de solution au rabais. Pas question de voir des structures à deux vitesses en fonction du type de contrat des travailleurs, travailleurs des titres services ou travailleurs de l’accueil de l’enfance.

Pour la CNE, c'est clair: "ce projet doit être combattu"Les titres services ont un coût énorme pour les autorités publiques, non seulement le coût de leur " émission " mais aussi celui de déductibilité fiscale. "Cette déductibilité est payée par tous les citoyens aux plus riches, puisque celui qui gagne très peu et ne paye pas d’impôt ne profite pas de cet avantage. Par contre, pour celui qui, sur base de revenus très importants, paye 50% d’impôts, le titre service ne coûtera que la moitié du prix !! Et cela, financé par la solidarité générale". La CNE qui souligne aussi les "risques immenses en matière de responsabilité professionnelle".

"Cherchez l’erreur"

Mais le Setca et la CGSP dénoncent aussi l’incohérence entre les volontés affichées d’une part dans la Déclaration de politique wallonne, et d’autre part dans la Déclaration de politique de la Fédération Wallonie-Bruxelles par les mêmes futurs partenaires de coalition pour les deux futurs gouvernements.

Les deux centrales de la FGTB ont lu aussi attentivement le chapitre "enfance" de la déclaration de politique de la Fédération Wallonie-Bruxelles, essentiellement axée sur l’accueil des enfants de 0 à 3 ans. Elles relèvent que dans ce cas-ci, les mêmes 3 partis insistent surtout sur "un accueil de qualité, la professionnalisation du secteur, tout en veillant à le rendre accessible financièrement et qui réponde aux besoins des parents, notamment en termes d’heures d’ouverture".

On ne peut avoir, disent-elles, "une ambition de qualité affichée pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et si peu de considération en région wallonne."

 

 

Reportage sur le projet de mesure (JT 19h30 - mercredi 11 septembre)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK