Tihange prolongée de 10 ans: "Il y a un enjeu de sécurité", avertit Greenpeace

Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique
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Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique - © RTBF

Doel 1 et 2 fermées en 2016, Tihange prolongée de 10 ans jusqu'en 2025: le gouvernement s'oriente vers une solution à la belge dans le dossier de la sortie du nucléaire. Pour le directeur de Greenpeace Belgique, Michel Genet, c'est une mauvaise décision.

Pour Michel Genet, directeur de Greenpeace Belgique, c'est la prolongation de certains réacteurs nucléaires en Belgique qu'il faut retenir du "plan pour la sécurité d'approvisionnement en électricité" présenté ce mercredi par le secrétaire d'Etat à l'Energie Melchior Wathelet.

Pour lui, ce n'est pas la bonne décision: "Il y a trois ans vous aviez à cette même place Jean-Pierre Hansen, directeur d'Electrabel, et on avait alors décidé d'une prolongation de 10 ans. Trois ans après, pas mal d'eau est passée sous les ponts et on peut se réjouir qu'enfin on va fermer des capacités nucléaires en Belgique. On peut passer pour grincheux ou jamais contents, mais c'est un pas qui est largement insuffisant".

Le risque zéro n'existe pas

Michel Genet rappelle que Doel 1 et 2 sont des centrales nucléaires datant de 1975 et prévues pour une durée de vie de 30 ans. Et pour Tihange, on ira jusqu'à 50 ans, dit-il aussi: "Il y a un enjeu de sécurité".

Malgré les investissements prévus, le risque zéro n'existe pas, rappelle-t-il, évoquant les stress tests et l'accident de Fukushima.

Black out?

Le directeur de Greenpeace Belgique réfute l'argument du "black out" que la Belgique risque si elle ferme toutes ses centrales nucléaires en 2015.

La sécurité d'approvisionnement n'est menacée que "pour les quelques années qui viennent", affirme-t-il, mais "on peut prendre des mesures d'efficacité énergétique assez rapides", c'est-à-dire diminuer la consommation. On pourrait économiser de l'équivalent de la production d'une fois et demi la centrale de Doel 1, dit-il, citant l'exemple d'une école à Basse-Wavre qui a diminué de 50% sa consommation énergétique.

Michel Genet indique que le risque de black out n'est pas lié à la capacité nucléaire et rappelle que les Pays-Bas avec lesquels la Belgique est bien interconnectée ont un surplus de production électrique de 25%.

Payer pour la surcapacité

Le maintien du nucléaire entraîne aussi des coûts supplémentaires pour les structures de production intermittentes et flexibles comme les centrales au gaz, moins rentables, avance le directeur de Greenpeace.

Il indique aussi que les situations de surcapacité telles qu'on a pu connaître encore récemment lors du week-end de Pentecôte entraînent des coûts: il faut en effet payer pour se débarrasser de l'électricité en surplus sur les réseaux des pays voisins.

Maffia

Le clip de Greenpeace mettant en scène le Premier ministre Elio Di Rupo pris en otage par la "maffia" d'Electrabel a fait du bruit: Michel Genet défend l'emploi de ce terme à cause de la politique des prix pratiquée par Electrabel, trop élevés, et à cause de la décision de fermer des capacités de production au moment où l'on parle de risque de manque de production.

"En matière de capacité de production, il y a eu une forme de chantage, une prise d'otage. Quand on a 70% de part de marché, on a indubitablement une influence sur la manière dont ce marché fonctionne".

Pour lui, le vrai enjeu est à présent de penser aux capacités de remplacement pour éviter de continuer à l'électricité nucléaire jusqu'en 2035:  "L'esprit de la loi de sortie du nucléaire est enterré".

JFH

 

 

 

 

 

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