Thomas Dermine (Wallon de l'année 2018): "Il faut plus de politique"

Lauréat 2018 du prix Bologne-Lemaire du « Wallon de l’année 2018 » de l’institut Jules Destrée, Thomas Dermine est l’invité du Grand Oral RTBF/Le Soir ce samedi 2 mars sur La Première et ce dimanche 3 mars sur La Trois. Diplômé de Harvard, en charge du plan CATCH, pour Charleroi, il commente d’abord le récent projet d’accord interprofessionnel.

Patrons et syndicats ont abouti mardi dernier à l’aube. Le débat sur l’évolution des salaires n’est plus ce qui doit être au premier plan selon lui. « Il est sans doute valable pour un tas de gens au travail actuellement, mails il faudra bientôt se concentrer sur d’autres thèmes comme celui des jeunes qui arrivent maintenant sur le marché du travail, et qui envisageront leur carrière d’une manière très différente ». Selon Thomas Dermine, qui est lui-même âgé de 32 ans, la nouvelle génération n’envisage plus sa carrière d’une manière linéaire.

Concernant les pensions, il ajoute : « Le débat sur la pénibilité des métiers est un mauvais débat. La question devrait être celle de la réorientation, de l’aménagement des fins de carrières, pas de savoir si on peut être pompier jusque 67 ou pas ».

Le climat

« Je suis à fond derrière les jeunes manifestants », précise-t-il. Invité à prendre la place d’un futur ministre du climat, il décline l’offre et commente. « Je pense qu’il ne faut pas de ministre du climat. Ce n’est pas une compétence comme les autres et ce n’est pas rendre justice au climat de le confier à un ministre comme les autres. La compétence devrait être assumée collectivement par le gouvernement et donc par le Premier ministre, lui-même ».

Il en profite pour critiquer aussi certaines mesures actuelles comme la voiture de société. « C’est une ineptie. Comme ces jeunes, j’ai des raisons de penser qu’on est à minuit moins une ».

Il a dit

Le nombre d’emplois à Charleroi n’a pas évolué en 10 ans. Charleroi a du retard ? « C’est vrai dans les chiffres, mais c’est sans compter une destruction massive d’emplois. 10.000 emplois ont été perdus, mais si nous restons stables depuis 10 ans, c’est aussi parce que nous en avons créé 10.000 autres. »

Est-il intéressé par la politique ? « J’en fais déjà. Si la politique, c’est travailler à un objectif de société proche d’un enjeu qu’on valorise, on en fait. Si on parle au sens partisan, je n’en ai encore jamais eu l’opportunité, ni l’intérêt. »

Un conseil à Philippe Verdonck, le nouveau patron de l’aéroport de Charleroi ? : « Je l’engage à raisonner à long terme, en termes d’infrastructures, d’implications sur les riverains, sur l’environnement, pour permettre une croissance. C’est un vivier d’emplois vital pour Charleroi »

Il a coordonné le plan CATCH qui a pour but d’accélérer la croissance de l’emploi à Charleroi. « Notre objectif est de créer 6000 à 8000 emplois d’ici 2025. Aujourd’hui, à la moitié de l’échéance, on a rempli la moitié de l’objectif. Nous sommes donc très confiants pour 2025. »

Il met à l’honneur Philippe Maystadt, décédé fin 2017. « On manque d’hommes politiques de sa trempe, aujourd’hui ». Une réflexion qui l’amène à une autre : « On vit une période trouble. La solution passera par plus de politique et pas nécessairement moins de politique. En tout cas une politique qui sera capable d’apporter une vision et des solutions. »

A propos des métiers en pénurie : « Il faudrait un plan Marshall sur la formation du capital humain. »

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