Thomas Dermine (PS): "Ce n'est pas le rôle du gouvernement de s'exprimer sur la hausse des salaires"

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Invité de l'émission De Zevende Dag à la VRT, Thomas Dermine a défendu le plan de relance du gouvernement fédéral. Sur le débat houleux des hausses de salaires dans le privé, le secrétaire d'État fédéral pour la Relance (PS) renvoie la balle aux partenaires sociaux.

Les salaires dans le privé pourront augmenter au maximum de 0,4% ces deux prochaines années au-delà de l’index, selon les calculs du Conseil central de l’économie. Ce qui n'est pas pour plaire aux syndicats qui avaient quitté la table de négociation du groupe des Dix consacré à l'accord interprofessionnel 2021-2022.

Thomas Dermine ne perd pas espoir d'un accord sur le sujet : "La discussion sur les salaires doit être menée entre les partenaires sociaux. Nous devons créer un espace de dialogue, mais ce n’est pas le rôle du gouvernement de s’exprimer sur le sujet."

Le secrétaire d'État ajoute que les partis politiques ont déjà parlé d'une hausse des salaires lors des négociations fédérales et renvoie ainsi la balle dans le camp des partenaires sociaux.

Le plan de relance après la crise de 2008 était le pire de Belgique

L'augmentation du pouvoir d'achat et les investissements constituent les deux piliers du plan de relance du gouvernement fédéral. En ce qui concerne le deuxième point, l'économiste de formation veut à tout prix éviter les erreurs commises après la dernière crise financière: "Le plan de relance que le gouvernement belge a mis en place après la crise de 2008 était le pire de l'histoire du pays. Nous avions mené une politique d’assainissement très stricte. Résultat ? Nous sommes restés plus longtemps en crise."

Maintenant, sa préoccupation principale est de sortir de cette crise le plus vite possible: "On doit préparer l’avenir en investissant dans des bons projets qui vont augmenter notre productivité à long terme, nous sommes en train de le faire au niveau fédéral mais aussi en collaboration avec les entités fédérées."

Quid des transferts après 2025?

Les journalistes de la VRT ont également abordé la question des transferts entre la Flandre et la Wallonie. Les transferts d’argent du nord représente grosso modo six à huit milliards par an. Selon les accords conclus lors de la sixième réforme de l'État, une partie sensible de ces transferts diminuera dès 2025 pour s'éteindre en 2035. La Wallonie est-elle prête à tirer son plan d'ici-là ?

Même s'il concède qu'il y a encore du pain sur la planche, Thomas Dermine est convaincu que la Wallonie est sur le bon chemin: "La Wallonie n’a pas toujours une image en Flandre. Il y a une nouvelle génération, un nouvel espoir. Regardez ce que nous faisons dans la nouvelle industrie et dans les biotechnologies et vous aurez une nouvelle image."

Nous n'avons pas de relation exclusive avec la N-VA

En Flandre, Bart De Wever répète dans les médias qu'une grande réforme de l'État n'est possible que si les deux plus grands parti du pays du nord et du sud trouvent un terrain d'entente. Le président de la N-VA assurait d'ailleurs il y a quelques semaines que le PS et la N-VA était à deux doigts de conclure un accord pour un gouvernement fédéral, mais que ce sont les libéraux qui ont mis leur véto.

"Nous avons bien travaillé cet été avec la N-VA, Bart De Wever et son équipe. S'il y a un point sur lequel nous sommes tous d’accords, c'est que le modèle actuel ne fonctionne pas. Avec la crise, nous constatons que notre modèle fédéral ne fonctionne pas de manière efficace", explique Thomas Dermine "pour le reste, nous ne sommes pas vraiment alignés."


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Connu pour ses thèses régionalistes, le secrétaire d'État estime que cette législature va permettre de préparer une grande réforme pour l’après-2024: "Ce n’est pas noir ou blanc, c'est un dossier complexe. Nous pensons que la Belgique peut se baser sur des régions fortes, mais c’est une question plus large et nous avons besoin de temps pour consulter les experts, les citoyens."

Le ministre carolo veut garder toutes les options ouvertes dans l'optique des prochaines élections de 2024: "Nous allons discuter avec tout le monde, nous n’avons pas de relation exclusive avec monsieur De Wever, même si nous avons travaillé ensemble auparavant."

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