Thierry Jacques (MOC): "On a payé l'impôt qui devait être payé"

Thierry Jacques
Thierry Jacques - © Archive RTBF

Pour le président du MOC Thierry Jacques, par ses accusations de fraude fiscale, la N-VA cherche à atteindre l'ACW, "qui défend exactement l’inverse du repli sur soi nationaliste que promeut la N-VA". Interrogé par la RTBF, il demande que la N-VA fournisse des preuves de ce qu'elle avance.

La N-VA accuse le Mouvement Ouvrier Chrétien (MOC) de fraude fiscale. C’est ainsi que, selon le parti nationaliste, les dividendes payés au MOC par Dexia en 2011 ne sont pas autorisés par la Commission européenne. Interrogé par Bertrand Henne, le président du MOC Thierry Jacques qualifie ces accusations de "gratuites et dénuées de tout fondement. Je n’ai pas encore vu le début de la moindre preuve de quoi que ce soit sur les accusations de la N-VA". Toutes les opérations menées sont conformes à la loi et ont obtenu les autorisations publiques nécessaires, dit-il : "Que la N-VA apporte les preuves et on examinera. En tous cas, nous sommes à l’aise et l’Inspection spéciale des impôts peut venir chez nous".

"Aucun enrichissement personnel"

Le MOC dénonce régulièrement les dispositifs qui permettent d’éluder l’impôt mais il ne s’agit pas de cela, estime Thierry Jacques : "Nous avons créé une société coopérative à finalité sociale qui a reçu des dividendes qui étaient taxées à la source. Par ailleurs, toutes ces ressources ont été intégralement investies dans les missions sociales du MOC et de l’ACW. Avec cet argent, nous faisons de l’accompagnement de jeunes en difficultés, de la remise à l’emploi, de l’accompagnement social, de la formation permanente, de l’alphabétisation… Donc nous ne sommes pas dans le cadre d’une société anonyme qui ferait des profits ou qui attribuerait des dividendes à des actionnaires. Il n’y a absolument aucun enrichissement personnel dans cette affaire. On a payé l’impôt qui devait être payé. On a respecté la loi".

Pour Thierry Jacques, ce sont "des accusations de type purement politique": c’est l’ACW (le pendant flamand du MOC) qui est visée par la N-VA, selon lui. "L’ACW partage avec nous un projet de société qui est basé sur l’égalité et la solidarité. L’ACW veut une sécurité sociale fédérale. En fait l’ACW défend exactement l’inverse du repli sur soi nationaliste que promeut la N-VA. Je pense que c’est ça qui est visé" poursuit-il.

La CSC a pris ses distances avec le MOC. Pour Thierry Jacques, il ne s’agit pas d’un lâchage : "C’est très normal, l’intention a été de rassurer les cadres du syndicat".

Wouter Beke souligne l'incohérence de la N-VA

Le président du CD&V Wouter Beke espère que la justice et l'Inspection spéciale des impôts feront rapidement la clarté sur les constructions financières de l'ACW. "Soit, certaines choses n'étaient pas permises et l'ACW doit en porter la responsabilité, soit l'ACW n'a rien à se reprocher et alors la N-VA devra assumer ses accusations", a dit mardi à la VRT radio Wouter Beke.

Les attaques de la N-VA ne sont pas une grande surprise pour le président du CD&V. Elles sont en fait très politiques. Son parti est très proche de l'ACW. Il est aussi le principal adversaire politique de la N-VA.

Wouter Beke reconnaît que l'ACW a commis "des erreurs d'appréciation" dont l'organisation paie maintenant le prix. Il a aussi souligné l'incohérence de la N-VA qui reproche à l'ACW d'utiliser des règles alors qu'elle s'est elle-même opposée au parlement fédéral au projet du gouvernement de renforcer les règles en matière d'optimalisation fiscale.

A.L. avec B. Henne

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