Thierry Bodson, nouveau président de la FGTB : "On ne se cachera pas de critiquer les mesures, peu importe qui occupe la place de Premier ministre"

Thierry Bodson était l'invité de Thomas Gadisseux.
Thierry Bodson était l'invité de Thomas Gadisseux. - © KARINA KNAPEK - AFP

Ce jeudi, la FGTB aura un nouveau président en la personne de Thierry Bodson. Celui qui occupait déjà ce poste ad interim prendra complètement le relais de Robert Vertenueil, écarté en juin dernier. Le nouveau président était l’invité de Thomas Gadisseux sur Matin Première. Ils sont revenus sur la situation économique du pays, les grèves chez AB InBev, l’éviction de Robert Vertenueil et la formation gouvernementale en cours.

Thierry Bodson s’est dit inquiet quant aux mesures d’hygiène qui ne sont pas toujours respectées dans les entreprises : "On reprend l’activité économique assez fréquemment en ne respectant pas un certain nombre de règles sanitaires. C’est ce qui s’était déjà passé chez AB InBev aux mois de mars et avril. Il y avait déjà eu des discussions dures avec la direction. Ici il faut bien se rendre compte qu’on est toujours dans la crise sanitaire et qu’il y a eu des milliers de morts. On a un foyer avec des dizaines d’infections, deux travailleurs qui sont dans un état très grave dont un dans le coma. Et la réponse que l’on a de la direction c’est "on a respecté les protocoles", mais c’est qu’ils étaient mauvais alors ! Et ensuite ils envoient les huissiers chez les travailleurs qui demandent simplement à avoir une vraie protection quand ils vont travailler".

A la suite du confinement décrété en mars dernier, de nombreuses entreprises ont dû mettre la clé sous la porte. Y aura-t-il une seconde "vague économique" ? Le nouveau président de la FGTB reste positif : "On est au début de la crise économique, ça c’est clair. Je pense qu’avec les décisions qui sont en train de se prendre comme le prolongement du chômage temporaire et autres, on a encore devant soi une "respiration" de quatre mois puisque ces mesures devraient être prolongées jusqu’au premier janvier. Il ne faut pas craindre, mais il faut mettre à profit ces quatre mois pour voir de quelle façon, l’activité économique en janvier puisse être suffisante pour ne pas avoir une vague de licenciement".

Quand on a un rendez-vous pour discuter de l’une ou l’autre chose, on n’y va pas en invitant la presse

Ce 10 septembre, Thierry Bodson prend donc officiellement la tête de la FGTB. Pour rappel, Robert Vertenueil avait été écarté le 9 juin dernier suite à une rencontre avec Georges-Louis Bouchez pour laquelle il n’était pas mandaté. "Il devait partir, non pas parce qu’il a discuté ou qu’il a vu Georges-Louis Bouchez, mais quand on a un rendez-vous pour discuter de l’une ou l’autre chose, on n’y va pas en invitant la presse directement", ajoute Thierry Bodson.

"Deuxièmement, si en plus d’inviter la presse, on y va pour discuter d’un pacte social alors qu’il n’y a pas de mandat qui a été donné par le bureau de la FGTB, alors il y a un réel problème. Il y avait même une discussion en bureau de la FGTB pour dire 'on ne parle pas de pacte, ce n’est pas le moment de le faire'" , ajoute le nouveau président de la FGTB.

Un nouveau gouvernement est en train de se mettre en place en Belgique. Une coalition "Avanti" associerait les familles socialistes, libérales, écologistes et le CD&V. Avant de donner sa confiance à ce gouvernement, la FGTB va "faire l’analyse des programmes qui sont présentés. Sur base des informations que nous avons, je vois très peu de différence en ce qui a été présenté par Bart De Wever et Paul Magnette d’une part, et ce qui est présenté d’autre part. Il y a un peu de social, la pension à 1500 euros, un léger refinancement de la sécurité sociale. Mais à côté de ça, rien en termes de fiscalité et de refinancement des services publics. Ce qui m’étonne très fort c’est que l’institutionnel est toujours présent dans les textes. Pour la FGTB, ce n’est certainement pas une priorité parce qu’on va toucher à la sécu ou au droit du travail et c’est une erreur".

Quid de la réforme des retraites ?

La FGTB et son nouveau président regrettent que le PS et Ecolo abandonnent leurs revendications pour ramener la retraite à 65 ans. "C’est une erreur ! La FGTB ne fera, elle, pas d’abandon de poste. On maintiendra nos revendications en la matière. Ce qu’on souhaite à côté de ça, c’est qu’enfin on réenclenche une discussion sur les pensions en lien avec la pénibilité des carrières. C’est l’autre enjeu des discussions sur les pensions".

On se demande ce que ce parti progressiste va aller faire dans cette coalition

La dernière fois qu’un socialiste a occupé la fonction de Premier ministre en la personne d’Elio Di Rupo, un échange avait été fait avec la réforme des retraites contre des mesures socio-économiques et notamment une réforme qui a, selon la FGTB, mis à mal la situation de nombreux chômeurs. "Mais déjà, sur base de ce que l’on connaît, on se demande si ce parti progressiste va aller faire avec le programme tel qu’on le connaît aujourd’hui. Si les informations que l’on a ne sont pas améliorées, on a du mal à comprendre ce que le PS va faire dans ce gouvernement. Deuxième élément, aller comme Premier ministre ça sera une décision qu’ils prendront. Vous savez comment on agit à la FGTB et on l’a démontré lorsque Elio Di Rupo était Premier ministre, on ne se cachera pas de critiquer les mesures, peu importe qui occupe la place de Premier ministre si nous considérons que c’est au désavantage du monde du travail".

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