Thierry Bodson (FGTB): "S'attaquer aux faibles est une chose. J'aimerais que l'on puisse s'attaquer aux forts"

Thierry Bodson , secrétaire général de la FGTB wallonne
Thierry Bodson , secrétaire général de la FGTB wallonne - © RTBF

Les syndicats réunis en front commun font grève dans les services fédéraux ce lundi, afin de contester les réformes du gouvernement. Dans le secteur privé, un mouvement paralyse un nombre important de magasins Lidl. Interrogé sur La Première, le secrétaire général de la FGTB wallonne Thierry Bodson compare les deux situations : "Les travailleurs se rendent compte qu'on est au bout d'un modèle. La charge de travail augmente, que ce soit dans les services publics ou ailleurs, il y a une souffrance au travail qui augmente d'année en année et qui est énorme aujourd'hui. Les travailleurs ne demandent pas du salaire, ils demandent du respect".

"Chez Lidl sur les 6000 travailleurs environ, il y a 800 départs volontaires chaque année. Vous voyez comme on est bien chez Lidl. Ce sont souvent des personnes qui ont des contrats à durée indéterminée et qui partent parce que les conditions de travail sont intenables" poursuit-il.

Le syndicaliste charge un parti qui est dans la majorité au fédéral et en région wallonne. Selon lui, le MR a érigé le mensonge en "institution. Il y a les mensonges originels, les mensonges actuels, les mensonges par omission, les mensonges wallons: 'on n'ira jamais avec la N-VA, on ne touchera jamais à l'index, on ne touchera jamais à l'âge de la pension'… Entre ce qui se dit et ce qui a été fait, il y a une grosse différence. Il y a aussi un problème de crédibilité: on annonce que la taxe Caïman va rapporter 500 millions, mais elle ne rapporte que 5 millions, un pourcent de ce qu'on avait prévu, c'est un peu interpellant".

"Politique mais pas partisan"

Au Premier ministre qui accuse la FGTB d'être noyautée par le PTB, Thierry Bodson répond : "On n'est noyauté par personne. C'est nous qui invitons ou convoquons les partis. Mais c'est clair que nos revendications sont éminemment politiques. Mais notre politique n'est pas partisane. On n'est pas cul et chemise comme la N-VA et le Voka, ni comme la FEB et le gouvernement Michel. Nos options politiques sont à long terme".

Selon lui, l'absence de concertation sociale est "une des marques de fabrique des gouvernements aujourd'hui. On le vit au fédéral depuis plus de trois ans, et au niveau wallon depuis un an. C'est une des différence entre la gauche et la droite: quand la droite est au pouvoir, elle ne respecte pas la concertation sociale".

"Les Matamores deviennent des carpettes"

Le ministre wallon de l'Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR) a annoncé vouloir réformer le système des APE (aides à la promotion de l'emploi). "Les APE ce n'est pas une vue de l'esprit : ce sont beaucoup d'emplois en Wallonie, et principalement pour les enfants et les personnes âgées. Ce sont les crèches, les garderies d'enfants, l'accueil extra-scolaire…" Thierry Bodson qualifie de "matamoresques" les déclarations de Pierre-Yves Jeholet: "Quand on a 850 entreprises qui ne paient pas d'impôts, qui évadent chaque année 220 milliards, les Matamores deviennent des carpettes, on ne les entend plus. S'attaquer aux faibles c'est une chose, je voudrais aussi qu'on puisse s'attaquer aux forts de temps en temps".

La FGTB wallonne "appelle à voter à gauche. La gauche est majoritaire en Wallonie, pour moi ce qui importe c'est de changer de cap. On ne changera pas de cap avec le MR. Si les trois partis de gauche prennent leurs responsabilités on pourra aller vers de grandes réformes, mais il faut qu'ils puissent s'entendre. Les gens attendent qu'ils réduisent enfin les inégalités".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK