Thierry Bodson(FGTB):"Oui il y a une menace de grève vendredi, jour de départ en vacances"

Mais que fait la FGTB ? Alors que l’éviction du PS au sein des entités fédérées n’en finit plus d’agiter le paysage politique, le syndicat menace de lancer une grève de grande ampleur vendredi prochain, jour de départ en vacances. Mesure de rétorsion pilotée par le boulevard de l’Empereur, instrumentalisation ? Pour en parler ce vendredi au micro de matin 1ère, Thierry Bodson, patron du syndicat.

Jour de départ en vacances 

L'annonce est donc sérieuse comme le confirme d'emblée Thierry Bodson, et il a ses raisons: "Oui il y a une menace de grève vendredi prochain, dans les services publics et les administrations en Wallonie. Nous avons un certain nombre d’informations selon lesquelles certains accords et pré-accords risquent d’être remis en question comme par exemple la réduction du temps collectif de travail. Si les négociations s’entament comme prévu, il n’y aura pas de genre de problème."

Nous sommes indépendants du parti socialiste

Une action pour sauver le PS, pour le maintenir au pouvoir ? "Non, je pense avoir pu ces 10 dernières années montrer à quel point nous sommes indépendants du parti socialiste et à titre personnel on me l’a fait remarqué assez souvent à l’époque du gouvernement Di Rupo. Je veux surtout parler de la vraie vie des gens, des conséquences de ce qu’il se passe aujourd’hui. Dans les crèches, les garderies d’enfants, les services de formation professionnelle, les besoins de référent politique sont quotidiens, tant en matière de subsides que de décisions."

Les repreneurs ne vont pas attendre que l’on sorte de la crise

Le PS serait-il le seul référent possible ? Le cdH et le MR ne pourraient-ils pas reprendre le flambeau ? "La réforme de l’aide à l’emploi entre en vigueur le 1er juillet 2017 et le marché du travail en Wallonie sera fortement impacté. Or il n’y aura pas de gouvernement, pas de ministre de tutelle pour une telle réforme. D’un point de vue industriel, il y a toute une série de dossiers sur la table, tel Durobor."

La gobeleterie de Soignies justement. Les négociations de reprise, déjà difficiles, sont-elles impactées par cette éviction du PS ? Thierry Bodson l’affirme sans détour : "La négociation va se passer avec un ministre qui peut-être demain ne le sera plus, c’est cela qui est important. Il faut rappeler que dans les projets industriels, dans les projets socio-économiques , il y a des décisions qui ne peuvent pas prendre 3-4 semaines. Les repreneurs ne vont pas attendre que l’on sorte de la crise et que l’on prenne un nouveau gouvernement. Et il y en a d’autres, regardez IdemPapers pour qui on cherche un repreneur."

L'AViQ est un énorme machin qui doit se mettre en place

Une crise qui intervient alors que la Wallonie, dans le cadre de la 6ème réforme de l’Etat, s’apprête à recevoir de nouvelles compétences. Parmi celles-ci, la santé dont la gestion politique à venir avait été vivement critiquée par Thierry Bodson et le patron des mutualités socialistes, avec pour effet d’agacer fortement Maxime Prévot, trop peut-être pour que le cdH accepte cette énième attaque ?

"Je comprends pas pourquoi cela a mis le ministre dans un tel état. Le propos était relativement simple. L’organisme qui doit accueillir ces compétences au 1er janvier 2019 ne nous semble pas encore prêt à fonctionner correctement. L’AViQ (Agence pour une vie de Qualité) est un énorme machin qui doit se mettre en place. Il va accueillir les compétences relatives à la santé, aux personnes handicapées et les allocations familiales. Nous sommes pour une assurance autonomie, pour une modifications des allocations familiales mais il ne faut pas trop charger la barque trop vite. Et lorsque ces transferts auront été réalisés, l’on pourra, par exemple au 1er janvier 2020, débuter des réformes."

Ce n’était pas du tout piloté par le PS

Des enjeux colossaux donc, ce qui avait poussé Maxime Prévot a souligné la coïncidence temporelle de cette annonce alors que PS était déjà dans les cordes. Une accusation que Thierry Bodson réfute en bloc: "Ce n’était pas du tout piloté par le PS. Ce qu’il y a c’est que Jean-Pascal Labille et moi siégeons ensemble au conseil général et nous avions de fortes craintes pour la mise en place de l’accueil de ces compétences."

Pourquoi pas le MR en fait ? "Concernant le MR je constate deux choses au fédéral. Premièrement, une série de mesures d’austérité importantes vis-à-vis des travailleurs, le saut d’index et la pension à 67 ans. Deuxièmement, on s’assied royalement depuis deux ans sur la concertation sociale et reconnaissons que le MR n’est pas le plus grand défenseur des intérêts wallons dans ce gouvernement."

Au niveau de la gauche, on ne parvient pas à s’unir

Instrumentalisé ou pas, la FGTB avait hésité à inviter des personnalités du PS à son dernier congrès. "Notre immense reproche est qu’au niveau de la gauche, on ne parvient pas à s’unir. Les affaires font réagir les syndicats. On ne trouvera jamais des affaires comme celles-là à l’intérieur de la FGTB. Ce qui compte, c’est ce que les gens, les citoyens souhaitent. Aujourd’hui, 52% des wallons disent vouloir voter pour le PS, le PTB ou Ecolo. La FGTB est pour une gauche forte."  

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