Theo Francken sur l'affaire Melikan Kucam : "J'étais le responsable politique, je n'ai jamais nié cela"

Melikan Kucam, ancien conseiller communal malinois et intermédiaire du cabinet de l’ancien secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) a été condamné à huit ans de prison dans le cadre d’une affaire de trafic de visas humanitaires au profit de chrétiens assyriens. Comment le député Theo Francken, l’un des leaders de sa formation, réagit-il ? Invité de Matin Première ce mercredi, celui-ci dit assumer une responsabilité politique, même si l’affaire a éclaté début 2019 lorsque la N-VA avait déjà quitté le gouvernement de Charles Michel.

Je n’ai pas de problème pour le dire

"Je n’ai jamais nié cela. J’étais le responsable politique" de Melikan Kucam. "Je ne comprends pas le débat sur ça. Je n’ai pas de problème pour le dire", dit Theo Francken sur La Première.

Aurait-il pu démissionner si l’affaire avait éclaté alors qu’il était toujours en fonction à l’Asile et la Migration ? Pas de réponse. Mais il rappelle qu’à l’époque, "il n’y avait pas de clarté", dans ce dossier avant le procès de ces dernières semaines. Ensuite, "on a eu des élections en mai (2019). En Brabant flamand, j’ai récolté 122.000 votes, on a gagné les élections. Les citoyens ont donné leur avis."

Hier comme aujourd’hui, Theo Francken continue de soutenir les opérations de sauvetage des Chrétiens d’Orient (aux mains du groupe terroriste Etat islamique à l’époque). De nouvelles recommandations ont été proposées après son départ au secrétariat d’Etat. "J’ai voté pour. Je soutiens pour faire mieux. Et M. (Sammy) Mahdi (actuel secrétaire d’Etat) a dit qu’il allait faire comme cela."

Un "vette regering"

Sammy Mahdi fait partie du nouveau gouvernement De Croo, lequel a promis, lors de sa prise de fonction, l’application d’une nouvelle politique. "Il n’y a pas eu de rupture", juge en tout cas 100 jours plus tard Theo Francke qui pointe la présence de 20 ministres et secrétaires d’État, qui parle d’un "vette regering", d’un "gouvernement gras", de 25% de personnel de cabinet en plus, de dotations aux partis qui augmentent…

Accusé de sexisme à la Chambre en décembre dernier, après une passe d’armes avec la ministre Ludivine Dedonder, Theo Francken, candidat déclaré à la vice-présidence de son parti, dit ne toujours pas avoir digéré cet épisode. "J’ai écrit une lettre à la présidente de la Chambre pour avoir un entretien avec elle. J’attends toujours la réponse. Un climat polarisé ? C’est le gouvernement qui polarise tout le temps en se prenant à moi."

C’est à la police à donner des P.V. pas aux fonctionnaires communaux

Ce gouvernement gère en ce moment la crise sanitaire. Le niveau local est appelé à gérer le respect de l’obligation des quarantaines. A Lubbeek, dont Theo Francken est bourgmestre, les fonctionnaires vont s’y mettre dès jeudi. Mais… "Les fonctionnaires communaux vont téléphoner pour voir comment aider pour le shopping, par exemple. On donne ainsi un signal qu’on suit (les gens en quarantaine). Mais mes fonctionnaires ne sont pas officiers de police. C’est à la police à suivre et à donner des P.V. s’il y a des problèmes, pas aux fonctionnaires communaux ni au bourgmestre."

Pour Theo Francken, le gouvernement fédéral arrive un peu tard. "Après 10 mois, finalement, on a un contrôle des obligations de quarantaine. Et dans un mois, on aura (enfin) une loi corona pour encadrer toutes les choses".

De la tension, de la polémique, il y en a aussi sur le dossier du plan de relance et de la répartition des moyens en Belgique, entre les Régions et Communautés. En Région bruxelloise, plusieurs voix, notamment Ecolo, s’élèvent contre les faibles moyens obtenus. Qu’en pense Theo Francken ? Globalement, "je suis très content que M. Jambon et M. Di Rupo (ministres-présidents flamand et wallon) ont trouvé un accord. Pour moi, quand la Wallonie et la Flandre se mettent ensemble pour faire un bon accord, ça, c’est le futur de ce pays : le confédéralisme", tacle Theo Francken.

Je veux que le nouveau président calme le peuple américain

Theo Francken n’a jamais caché son admiration pour le président sortant américain Donald Trump. En tout cas, sur sa manière de dire et faire les choses. "Je n’ai jamais dit que j’avais de l’admiration", précise-t-il ce mercredi, une semaine après l’épisode de l’invasion du Capitole par les supporters de Trump. "Moi, je suis plutôt républicain que démocrate. Je suis la politique américaine depuis l’âge de 16 ans. (Ce que je dis, c’est qu') il a fait ce qu’il a promis. C’est un peu nouveau en politique américaine", analyse le nationaliste flamand.

En tout cas, ce qui s’est passé la semaine dernière, Theo Francken le condamne "à 100%. (Donald Trump) dit qu’ils ont volé l’élection sans avoir de preuves, sans en montrer. Je ne comprends pas. Maintenant, les gens sont agités. Il a une grande responsabilité politique."

Twitter a bloqué les comptes de Donald Trump. Est-ce un problème pour nos démocraties et la liberté d’expression ? "Madame Merkel l’a dit : ça va trop loin", juge le N-VA qui estime que la procédure d’impeachment lancé aux Etats-Unis contre Trump ne va calmer les troupes du président milliardaire. "Je veux que le nouveau président (Joe Biden) calme le peuple américain."

Reste que cette élection américaine a été marquée par la diffusion de fake news. En Belgique, le Premier Alexander De Croo a dit vouloir combattre ce phénomène. "C’est un rôle pour les médias comme la RTBF", réagit Theo Francken. "Contrôler, faire du fact-checking, ce n’est pas aux ministres ou aux politiques à le faire."

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