Théo Francken: " Si on torture au Soudan, on ne rapatriera plus personne vers Khartoum"

Des Soudanais, expulsés par la Belgique, témoignent de violence et de torture subies lors de leur retour au Soudan. C’est un chercheur belge, qui a recueilli leurs témoignages, qui l’affirme.

Theo Francken, le Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration avait déjà suscité la controverse en septembre, en invitant en Belgique une délégation du pouvoir soudanais pour identifier des réfugiés soudanais chez nous. Certains avaient alors été renvoyés là-bas.

Théo Francken n’a pas eu connaissance de violence à l’égard de ces rapatriés soudanais. Mais il va prendre en compte les témoignages qui les concernent et enquêter. Mais il fait trois remarques. " 1) Il y a déjà eu, en Angleterre et aux Pays-Bas, des rumeurs de tortures à Khartoum. Mais ces rumeurs n’étaient pas correctes. Je ne dis pas que ces rumeurs-ci sont fausses, je dis qu’on va faire des investigations.  2) Si les témoignages se vérifient, on ne pourra plus faire de renvoi vers Khartoum.  Ce serait contraire au principe de non-refoulement (dans un pays où il y a risque de torture). 3) On avait fait un accord avec l’OIM (Organisation internationale des migrations) pour que les six Soudanais renvoyés à Khartoum soient suivis. Et les Nations-Unies n’ont rien signalé à l’Office des étrangers. "

J’ai fait comme la France, les Pays-bas, l’Italie, l’Allemagne ou l’Angleterre. Presque tous les pays européens ont procédé à des rapatriements forcés vers le Soudan. Et il ne faudrait pas que tous les Soudanais en séjour Illégal arrivent en Belgique parce que ici, on ne les renvoie pas dans leur pays d’origine. "

Aucun vol vers le Soudan n’est planifié avant fin janvier, dit Théo Francken qui compte bien avoir les résultats de l’enquête demandée d’ici là. "Mais si l’enquête confirme qu’on torture des gens là-bas après rapatriement , on ne rapatriera plus personne vers Khartoum, c’est sûr à 100%".

Theo Francken était interrogé par Arnaud Ruyssen dans Soir Première. 

 

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