Theo Francken: "Nous avons eu le soutien de Hollande et de Merkel sur la question des visas"

Alors que la saga des visas humanitaires aux familles syriennes a connu ce mardi un nouveau rebondissement avec la décision de la Cour européenne de Justice, Theo Francken (N-VA), le secrétaire d'État fédéral à l'Asile et la Migration, était l'invité de Matin Prem1ère. Interrogé par Bertrand Henne, l'élu N-VA s’est expliqué sur les raisons qui le poussent à refuser catégoriquement le principe même de rendre ces visas obligatoires.

La commission européenne de Mr Junker nous soutient aussi

Alors pourquoi la Belgique, avec 12 autres États européens et la Commission européenne ont-ils plaidé auprès de la Cour européenne afin de ne pas rendre l’obligatoire l'octroi de visa humanitaire aux personnes souhaitant se rendre sur un territoire pour demander l'asile ? Pour Theo Francken, il s’agissait d'un point essentiel à éclaircir. "C’était une discussion au niveau européen et nous avons eu le soutien de François Hollande et d’Angela Merkel sur la question des visas européens 'court-séjour' pour demander l’asile. C’était une pierre angulaire du système européen."

Et le secrétaire d’État à la Migration d’ajouter: "Est-ce que je suis heureux que des Syriens ne puissent pas venir ici ? Non. Et c’est très dommage pour cette famille syrienne. Mais on parle de milliers de personnes qui pourraient venir avec un visa 'court-séjour'. C’est une chose essentielle, et la Commission européenne de Mr Junker nous soutient aussi."

Tous les jours je donne des visas humanitaires

À la question des alternatives possibles pour ces candidats réfugiés, l’élu N-VA rappelle que l’Europe et la Turquie ont conclu un accord : "Il y a l’accueil dans la région, ça c’est une priorité, dans les pays voisins. Turquie, Jordanie, Liban, on doit soutenir ces pays encore plus. Pas tout le monde doit venir en Europe, cela ne doit pas être automatique. Tous les jours je donne des visas humanitaires. 1200 l’an dernier, 4 fois plus que sous le gouvernement Di Rupo alors que des demandes existaient. On donne à tout le monde un lit, un bain et un pain. Nous sommes très humains, pour ceux qui sont très vulnérables."

L’Europe organise les noyades, la misère et le chaos

Proportionnellement les sésames demeurent rares, les élus aussi donc. Et dans les missions que lui a confié l’Europe, la Turquie se doit également de bloquer les routes vers le vieux continent. "C’est vrai qu’il y a un paradoxe, mais quelle est la solution ? On doit fermer la possibilité de demander l’asile après une tentative illégale. Pas avec des bateaux, ni des noyades. On fait une sélection dans les pays voisins et on délivre des visas humanitaires. L’Europe organise les noyades, la misère et le chaos. Actuellement 70% des gens sont des jeunes hommes, et les plus faibles restent dans les camps de réfugiés. Et avec le Resettlement (NDLR:Réinstallation) des réfugiés, la Belgique fait le choix de sélectionner les plus vulnérables qui ne peuvent pas venir, car ils n’ont pas la force ni l’argent. Je dois être clair sur les minorités religieuses, il y a un génocide à leur encontre. En 2014, le parlement a demandé de faire des efforts pour les minorités religieuses."

Notre président, c’est le meilleur président politique

À propos de la Turquie, faut-il interdire sur le sol belge les meetings liés au référendum sur le régime présidentiel qui se tiendra le 16 avril prochain au pays d’Erdogan ? Theo Francken demeure discret et préfère se ranger derrière la ligne de son parti. Une ligne claire puisque la N-VA souhaite réduire au maximum les possibilités pour les hommes politiques turcs de tenir des meetings en Belgique.

Une ligne de parti qui se muscle également dans le domaine du communautaire puisque Bart De Wever dans Het Nieuwsblad soulignait ce mercredi la nécessité d’avoir une discussion institutionnelle à l’issue des élections de 2019 "Notre président, c’est le meilleur président politique. Je ne vais pas me prononcer car c’est toujours hyper sensible.

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