Theo Francken: "La coalition Vivaldi, c'est la partition parfaite pour la fin de la Belgique"

C’est sa première interview en direct côté francophone depuis le scrutin. Theo Francken se fait discret depuis plusieurs mois, négociant en coulisses aux côtés de son président de parti. Mais d'emblée, l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, aujourd'hui député fédéral, reconnaît que: "il n'y pas de majorité autour de la N-VA". Pas de coalition tenable donc.

"Les élections sont dans les mains du Roi", poursuit-il précisant que la N-VA est préparée à un nouveau scrutin. "Je n'ai pas peur des élections, jamais". Mais dans ce cas, Theo Francken prévient: "Aujourd'hui, faire un gouvernement avec le Vlaams Belang est une chose virtuelle. On ne peut pas le faire parce que les autres partis suivent un cordon sanitaire. Mais si Monsieur Magnette fait des diktats comme ça, c’est clair qu’on va aller vers cette direction".  Un dernier sondage annonce en effet encore une progression du Vlaams Belang en Flandre alors que le parti d'extrême droite dépasse, dans le même temps, les 500 000 "like" sur Facebook.  "Ce n'est pas une menace", précise tout de même l'ex secrétaire d'Etat. 

"Nous n'accepterons pas un gouvernement avec une minorité côté flamand"

"Avoir un gouvernement avec une minorité côté flamand, c’est une très mauvaise idée pour ceux qui veulent sauver la Belgique", poursuit Theo Francken. "Les flamands ne sont pas stupides. Quand nous payons 70% des factures en Belgique, c’est nous qui sommes en majorité responsables du surplus d’économie". La coalition Vivaldi,  est donc, selon le député fédéral, l'assurance pour les francophones de l'échec du pays: "Ecolo, c’est la régularisation des illégaux et le MR et l'Open VLD veulent renvoyer des illégaux. C’est impossible. Vivaldi c’est la partition parfaite pour la fin de la Belgique".

Et d'ajouter: "C'est nous, la N-VA, qui avons pris nos responsabilités." Contrairement au PS qu'il juge responsable du blocage du pays: "Quand le PS dit que c’est impossible avec nous, je pense que cela nous amène soit vers les élections, soit vers l'opposition".

Front flamand: "Je ne veux pas une guerre avec les francophones"

La N-VA a lancé hier un appel aux autres formations néerlandophones pour former un "front flamand". Appel rejeté par le CD&V et l'Open VLD. Mais Theo Francken ne l'entend pas de cette oreille: "Je ne pense pas que le CD&V a dit non au front. Ils disent seulement qu’en terme sémantique, la terminologie "front" est un peu militaire".

Theo Francken se dit donc prêt à troquer ce mot contre celui d' "alliance" ou de "coopération". "Je ne veux pas la guerre avec les francophones. J'aime les Wallons, j'aime les francophones. Le mot utilisé, ce n’est pas le plus important. Les francophones prennent ça comme un mot qui évoque la guerre. Ce n’est pas notre message. Mais quand le PS, qui est incontournable au niveau fédéral, refuse de discuter avec la N-VA du confédéralisme et du communautaire, c’est clair que nous devons dire comme parti flamand que nous devons coopérer pour avoir une alliance". Des francophones qui, selon le député fédéral, font eux aussi des alliances entre eux sans que cela ne choque pour autant : "J’ai vu un tweet de M. Bouchez hier qui dit ‘on a besoin d’une union francophone très forte' "

Le confédéralisme signifie que la Belgique reste la Belgique. Cela veut dire que le Roi est toujours présent, les Diables Rouges, la bière, le chocolat belge mais on doit fédéraliser les pouvoirs.

A propos du confédéralisme, Theo Francken rappelle d'ailleurs la distinction avec le séparatisme: "Les francophones disent que c’est la même chose que le séparatisme. Mais ce n’est pas la même chose. Vous savez que le confédéralisme signifie que la Belgique reste la Belgique. Cela veut dire que le Roi est toujours présent, les Diables Rouges, la bière, le chocolat belge mais on doit fédéraliser les pouvoirs. Cela veut dire qu’on a une Flandre qui a une fiscalité propre, une propre politique sur tous les domaines. Et c'est pareil côté francophone".

En d'autres termes: la Belgique ne serait plus qu'une coquille vide. Mais malgré une Belgique pour le moment sans gouvernement, malgré la volonté de la N-VA de se diriger vers le confédéralisme, Theo Francken continue à discuter au nom de la Belgique des grandes alliances internationales. Il préside en ce moment une délégation belge à l’assemblée des parlementaires de l’OTAN. Un paradoxe à la Belge? "Non", répond le député en insistant: "Même quand il y a un confédéralisme, il y a encore une Belgique. Les Wallons ne doivent pas avoir peur de ce scénario qui renforcera la Flandre et la Wallonie".

 

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