Theo Francken dénonce le "déficit démocratique" de la nouvelle coalition et menace l'Open VLD d'une "guerre totale"

L'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) s'est interrogé, lundi matin, sur la constitutionnalité de la nouvelle coalition. "C'est un gouvernement en minorité en Flandre et en Wallonie, avec un nouveau programme de gouvernement et pourtant, il n'est pas soumis à un vote de confiance du parlement. Quel manque de déficit démocratique est-ce là? ", a-t-il déclaré dans l'émission De Ochtend sur Radio 1.

"Pour ce que j'en ai compris, le Premier ministre n'est pas encore allé chez le Roi. Le gouvernement ne va pas non plus devant le parlement, alors qu'il ne représente qu'un tiers des sièges et un tiers des électeurs. Je me pose donc des questions constitutionnelles", a-t-il ajouté.

Nouveau programme = vote de confiance

"C'est un gouvernement en minorité en Flandre et en Wallonie, qui a annoncé un nouveau programme" centré autour du pouvoir d'achat, de la sécurité et du climat. "En tant que démocrate, je m'interroge. Pourquoi le gouvernement n'ose-t-il pas demander la confiance au parlement? ", a poursuivi Theo Francken, estimant "légère" la manière dont Charles Michel "interprète" la Constitution.

Un avis partagé par le constitutionnaliste Mathias El Berhoumi (Université Saint-Louis): "On est manifestement devant un nouveau gouvernement. Le départ de la N-VA, le plus gros parti de la coalition, constitue un changement majeur", analyse le professeur de l'Université Saint-Louis, alors que Charles Michel a acté samedi le retrait des nationalistes flamands de son exécutif, désormais minoritaire, et répartit leurs compétences parmi les trois partis restants.

Le fait que le gouvernement ait avancé de nouvelles priorités - le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat - justifie d'autant plus le passage devant le parlement, selon M. El Berhoumi.

"Il serait logique que le Premier ministre demande la confiance", estime également Groen. Les services juridiques de la Chambre examinent actuellement la question sur le plan technique. "En ce qui nous concerne, il serait logique que le Premier ministre Charles Michel demande la confiance au parlement, dans un délai raisonnable. Le gouvernement doit, quelque part, apporter de la sérénité", juge le chef de groupe Kristof Calvo.

Au CD&V, on préfère renvoyer la balle à Charles Michel: il revient au Premier ministre d'estimer si le nouveau gouvernement Michel II doit demander le soutien du parlement, a indiqué lundi à son arrivée au Bureau du CD&V, le chef de groupe à la Chambre Servais Verherstraeten. "Le plus important est que le Premier ministre aura des contacts avec tous les groupes politiques au parlement sur le suivi des dossiers parlementaires", a-t-il précisé.

L'ancien secrétaire d'Etat est enfin revenu sur les attaques de la présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten et de Maggie De Block, cette dernière ayant notamment fait état d'un "département de l'Asile et de la Migration en crise et en plein chaos". "Si elles veulent s'agiter ainsi jusqu'aux élections de mai, ce sera 'la guerre totale'. Pour moi, ce n'est pas un problème", a-t-il conclu.

Apaisement

Mais au QG de l'Open Vld, le ton était plutôt à l'apaisement. "Nous avons bien collaboré avec la N-VA et réalisé énormément de choses positives. J'espère que nous pourrons appliquer nombre des décisions que nous avons prises. Ce n'est pas parce que nous ne sommes plus assis à la même table que nous devons être à couteaux tirés", a ainsi estimé Alexander De Croo.

"Nous devrions tout de même essayer de garder notre calme, tant chez nous que dans les autres partis. Je pense qu'aucun Flamand, qu'aucun Belge, n'attend cette guerre totale", a pour sa part estimé le ministre flamand de la Culture, Sven Gatz.

 

 

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