Thalys: dernier voyage sur la dorsale wallonne? Actions ce lundi matin

Action symbolique ce lundi matin.
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Action symbolique ce lundi matin. - © RTBF - Eric DESTINE

Le 1er avril, le Thalys wallon arrêtera sa liaison entre Paris et Liège via la dorsale wallonne. En cause : des travaux de sécurisation de la ligne qui dureront jusqu'à la fin de l'année. À la même date, la ligne Thalys Ostende-Bruxelles s'arrêtera aussi, mais définitivement celle-là. En vertu de la clé de répartition 60-40 des moyens de la SNCB en faveur de la Flandre, vient alors l'idée que, si l'on supprime une ligne flamande, il faut supprimer une ligne wallonne. Non rentable, le Thalys wallon souffre d'un handicap en cette période d'économies. Le Thalys wallon est donc clairement menacé.

À l'occasion de l'avant-dernier voyage matinal du Thalys de la dorsale wallonne, une action symbolique a été menée ce lundi : le train a démarré avec un léger retard volontaire depuis Liège-Guillemins en direction de Mons.

Une quarantaine d'affiliés de la CGSP s'étaient réunis lundi dès 05h00 sur le quai de la gare des Guillemins à Liège d'où a démarré l'avant-dernier Thalys wallon. En présence de représentants de différents partis, ils ont bloqué le départ du train durant une dizaine de minutes. Une quinzaine de syndicalistes ont ensuite pris le train en direction de Paris.

"Le Thalys wallon, c'est aussi 20 emplois quotidiens, affirme Thierry Moers, délégué CGSP. Ils sont statutaires et seront donc recasés, mais c'est aussi 20 emplois qui ne seront pas renouvelés. La SNCB diminue le nombre de ses cadres. Alors qu'encore aujourd'hui, il y avait plus de 200 réservations de voyageurs."

Le train a ensuite été à nouveau retardé à Namur, à Charleroi et à Mons où d'autres représentants syndicaux ont embarqué à bord du Thalys.

Des usagers avaient également appelé à marquer le coup, invitant les représentants politiques à le rejoindre sur les quais. "Pour montrer leur volonté unanime de préserver ce lien culturel et économique essentiel pour que la Wallonie ne devienne pas une parenthèse ferroviaire au cœur de l'Europe", ont-ils affirmé dans un communiqué.

"Il faut mettre les moyens"

La société Thalys exploite les liaisons à grande vitesse en Belgique depuis décembre 1997. Et, au total, elle a transporté plus de 100 million de passagers, mais toutes ses lignes n'affichent pas le même niveau de rentabilité. Ainsi, celle qui relie Paris à Mons, Namur et Liège perdrait 5 millions d'euros par an. En période d'économies, et pour une société comme Thalys, c'est un sérieux problème.

Service public ou service rentable?

"On peut éventuellement dire que c'est un service au public, mais alors il faut mettre les moyens pour le faire, commente Bart Jourquin professeur à l'UCL Mons et spécialiste des réseaux ferrés. Alors, est-ce que la Région va mettre de l'argent pour maintenir le service public ? Il est clair que, pour les gens de Thalys - qui reste une société commerciale -, c'est comme pour les compagnies aériennes : on va fermer ou ouvrir une ligne en fonction de sa rentabilité."

Mais cette décision ne pourra être prise que par l'actionnaire majoritaire de la société Thalys, c'est-à-dire la SNCB et donc, autrement dit, le gouvernement fédéral, placé devant un choix difficile.

"Le Thalys wallon coûte très cher par rapport au faible nombre d'utilisateurs, il faut donc à un moment un réflexion globale et voir s'il n'y a pas d'autres offres qui peuvent être mises sur la table", indique Jacqueline Galant, ministre fédérale de la Mobilité.

Les bourgmestres des villes desservies par le Thalys wallon crient au scandale et exigent au nom du service public que la ligne soit maintenue après la fin des travaux, en fin d'année. Le débat est loin d'être clos.

T.M. avec Thierry Vangulick et Belga

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