Tests au coronavirus : la stratégie belge va évoluer le lundi 13 avril

La question des tests de dépistage du coronavirus en Belgique est lancinante. On ne teste pas assez, le ministre De Backer promet 10.000 tests quotidiens depuis le 25 mars, mais hier 8 avril, seulement 4300 tests ont été réalisés. Cette question figure également à l’agenda du RMG, le Risk Management Group qui est composé de divers experts du SPF Santé publique et de représentants des cabinets des ministres responsables au niveau fédéral et dans les entités fédérées.

Ceux-ci constatent les difficultés concernant les tests et évoquent un problème "logistique", plus qu’une question de capacité. Après discussion, et en ligne avec les décisions prises le 25 mars dernier, le RMG recommande, après une réunion qui s'est tenue le mercredi 8 avril, la stratégie suivante :

  • Le test systématique des personnes qui ont des symptômes dans les résidences collectives (comme les maisons de repos mais aussi les hôpitaux). Ce test concerne également le personnel de ces institutions.
  • Élargir les tests à la population qui présente des symptômes de grippe (une définition plus claire est attendue).
  • Tester les personnes qui entrent dans les résidences collectives, qu’elles présentent des symptômes ou non.

Cette nouvelle stratégie doit débuter le lundi 13 avril. Le RMG recommande également, lorsque le déconfinement aura débuté, que soient testés les contacts des personnes qui ont été confirmées positives au COVID-19.

Pourquoi ne pas tester les personnes ne présentant asymptomatiques ?

Cette question a été discutée au sein du RMG. Pourquoi ne pas tester plus de personnes mêmes asymptomatiques ? Le RAG (Risk Assesement Group, composé lui d’experts du risque sanitaire, entre autres) estime que tester des personnes asymptomatiques pourrait donner un sentiment un faux sentiment de sécurité.

En effet, le risque d’attraper le virus est permanent, même s’il tend à légèrement décroître grâce aux mesures. Se faire tester négatif le lundi n’empêchera pas le virus de vous contaminer le mardi, par exemple. Sans tests très réguliers donc (et impossibles pour le moment), les experts déconseillent cette stratégie. Qui de toute façon, pour le moment, n’est pas envisageable.

Les politiques contre les experts ?

A la Chambre, ce jeudi, le ministre Open VLD Philippe De Backer, en charge de la task force "Corona", responsable pour les tests et l’obtention de matériel, s’est exprimé d’une façon pour le moins inédite, à propos des experts : "Il faut ouvrir les critères des tests aux patients asymptomatiques pour avoir une idée précise de la propagation de la pandémie. Depuis cette tribune, je lance un appel aux experts, pour revoir leur avis et voir comment ces 10.000 tests dont nous disposons peuvent être effectués dans les meilleurs délais. Et s’ils ne le font pas, je ne manquerai pas d’assumer mes propres responsabilités après le week-end."

Il n’est pas courant qu’un membre du gouvernement questionne publiquement le RMG. Et la conclusion est claire : Philippe De Backer fera effectuer des tests, même sans accord des experts.

Un autre responsable politique habitué de ces réunions nous expliquait en début d’après-midi, sous couvert d’anonymat, la même chose : "Il faut tester les asymptomatiques ! Ceux qui ont des symptômes, on sait, 95% sont infectés. […] Le RMG ne se rend pas compte de la situation sur le terrain et sous-estime la peur chez les personnes qui travaillent."

Ce vendredi après-midi, la Premier ministre Sophie Wilmès organise un comité de concertation avec les différents ministres de la Santé. La stratégie belge de "testing" va changer ce lundi : à voir si les experts changent d’avis ou restent sur leur position. Et ce que décidera le monde politique…

Sujet du JT du 08/04/2020 - Tests: les maisons de repos deviennent prioritaires