Testing, suivi des contacts, vaccins : "Il n’y a aucune culture de la prévention en Belgique", regrette Raoul Hedebouw

Le porte-parole du PTB Raoul Hedebouw était l’invité de la matinale de la Première ce lundi matin. Optimiste pour l’avenir dans le cadre de la crise du Covid ?

"Je crois dans la science et je pense que la vaccination est une piste importante mais je suis inquiet sur la question de la logistique. Quand on nous annonce qu’on va faire 2 à 300 centres de vaccination en Belgique mais quand les acteurs sur le terrain, dans les communes, les médecins généralistes ne sont encore au courant de rien du tout sur quel type de plan on va mettre en place c’est ça qui m’inquiète"!

En Belgique, on est toujours en retard

"En Belgique c’est toujours un peu la même chose : que ce soit pour les masques, que ce soit pour le testing, que ce soit pour le suivi de contact, que ce soit pour les vaccins, on est toujours en retard. Et pourquoi est-on toujours en retard ? Pas parce qu’il y a des erreurs des politiques, ça, ce n’est pas très intéressant à analyser, c’est surtout qu’il n’y a aucune culture de la prévention en Belgique. On investit uniquement dans le curatif […] et j’entends beaucoup d’acteurs sur le terrain, dans les maisons médicales, qui me disent : 'Dites à ce monde politique qu’il faut investir dans la prévention, ça permet de gagner des semaines'!"


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Des augmentations salariales pour tous les travailleurs

La crise sanitaire a chamboulé tous les pronostics économiques. Cette semaine, patrons et syndicats, les partenaires sociaux, vont entrer dans le vif du sujet, en Belgique, pour parler de l’accord interprofessionnel et ils peinent à se mettre d’accord. Pour Raoul Hedebouw, il faut des augmentations salariales pour tous les travailleurs. Ceux du secteur de la santé sont "sont allés chercher grâce à la lutte 5 à 6% d’augmentation salariale, moi je pense aux autres catégories de la population qui sont aussi les héros du coronavirus, je parle des femmes et des hommes qui travaillent dans la distribution, je parle des éboueurs,…"

Les salaires sont la solution à la crise

Les moyens financiers sont-ils disponibles ? Oui, affirme le porte-parole du PTB, "ces derrières années grâce au cadeau du tax shift de Charles Michel, il y a près de 40 milliards d’euros qui sont passés de la poche des travailleurs à celles d’actionnaires ; moi je pense qu’aujourd’hui il faut un juste retour vers les travailleurs du coronavirus. […] . Je trouve que le politique n’a pas à intervenir dans la formation des salaires : cette loi salariale qui a été votée par à l’époque le PS, le cdH, puis par après aggravée par le MR. doit être revue de fond en comble. Aujourd’hui il faut augmenter les salaires : les salaires sont la solution à la crise et pas le problème".

Montée de l’extrême droite

Revenant sur les événements du Capitole, le chef de file du PTB au parlement fédéral, insiste sur la montée indiscutable de l’extrême droite. "Et j’insiste en parlant extrême-droite parce que j’en ai un peu marre d’entendre parler de populisme (populisme dont le PTB se fait régulièrement taxer, par le reste de la classe politique) c’est un terme fourre-tout qui ne dit rien du tout. Il y a une nature de classe dans ce qui se passe dans le monde, dans la mouvance trumpiste et aux Etats-Unis : c’est une extrême droite qui diffuse le racisme, le nationalisme économique, le sexisme ; il y a un projet de société d’extrême droite derrière et elle se greffe sur la misère sociale, sur un mécontentement grandissant dans le monde, et plus particulièrement aux Etats-Unis et ça m’inquiète. Il faut pouvoir offrir aux gens une alternative […] démocratique et populaire pour pouvoir contrer cette extrême droite".

Ce mécontentement est légitime

Et Raoul Hedebouw insiste encore : "Jen ai marre qu’au nom du 'populisme', on étouffe tout type de débat. Les gens sont mécontents, en ont marre de voir que les riches deviennent de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres, ce mécontentement est légitime, on ne va pas étouffer ce débat ! Je ne suis pas d’accord avec ce qualificatif-là : le PTB n’est pas un parti populiste, n’est pas un pari extrémiste, nous on est une gauche authentique".

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez qui dans la presse du week-end faisait un parallèle entre la haine du riche et la haine de l’étranger, rapprochant le PTB de l’extrême droite, exaspère Raoul Hedebouw : "Nous n’avons pas un discours de haine, nous demandons plus de justice fiscale. Quand on parle des multimillionnaires, on ne parle pas du chirurgien qui gagne bien sa vie, de l’ingénieur qui bosse […] ce sont des travailleurs ; on parle d’une minorité de la population qui s’enrichit de plus en plus".


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