Terrorisme: le niveau d'alerte reste maintenu à 3 jusqu'au 23 février

Un militaire belge protège l'ambassade américaine à Bruxelles le 17 janvier 2015.
Un militaire belge protège l'ambassade américaine à Bruxelles le 17 janvier 2015. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Après une nouvelle évaluation, l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM) a annoncé lundi qu'il prolongeait le niveau 3 de la menace (sur une échelle de 4) jusqu'au 23 février, une décision entérinée par le Conseil national de sécurité qui se réunissait pour la première fois ce lundi au cabinet du Premier ministre. Avant la réunion, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a estimé qu'il serait préférable que le monde politique dispose d'une marge de manoeuvre afin de participer à la détermination du niveau de la menace.

Le niveau d'alerte reste à 3 pour des endroits sensibles, comme les commissariats. "En effet, les raisons qui ont conduit au relèvement du niveau de la menace sont à l'heure actuelle toujours valables. Cependant, il n'y a pour l'instant aucune information relative à une menace concrète en Belgique", a expliqué le Centre fédéral de crise dans un communiqué.

Les mesures de sécurité prises à titre de précaution sont dès lors également prolongées. "Ces mesures sont évaluées en permanence et seront adaptées si nécessaire", précise le communiqué. Le niveau de menace se situe au troisième niveau sur quatre depuis le 15 janvier, lorsqu'une opération anti-terroriste de grande ampleur menée dans la région bruxelloise et à Verviers avait abouti à la mort de deux présumés terroristes.

Ce troisième niveau correspond à une situation jugée "grave" et à une menace "possible et vraisemblable" à l'égard de la personne, du groupement ou de l'événement faisant l'objet de l'analyse.

Première réunion du Conseil national de sécurité

Le sujet était aussi au coeur de la réunion du Conseil national de sécurité ce lundi après-midi. Ce conseil se compose du comité ministériel restreint élargi aux ministres de la Défense nationale et de la Justice. D'autres membres du gouvernement peuvent également y être invités selon les dossiers analysés et les compétences concernées. De plus, d'autres responsables comme l'administrateur général de la Sûreté de l'Etat, le chef du Service général du renseignement et de la sécurité des Forces armées ou encore la commissaire générale de la police fédérale peuvent assister aux réunions du Conseil, selon l'ordre du jour.

Ce Conseil, flambant neuf, tenait sa première réunion après une création discrète par arrêté royal à la fin du mois dernier.

Présidé par le Premier ministre, cet organe qui existait déjà sous l’appellation "comité ministériel du renseignement", a été remanié. Il sert à définir ensemble les priorités de la politique de renseignement et de sécurité chez nous. Dans un climat tendu depuis l’opération antiterroriste menée à Verviers et l’existence d’une possible menace confirmée par la décision prise par l’OCAM et l’autorité politique de relever le niveau d’alerte de 2 à 3 le 16 janvier dernier.

Reynders aimerait "une certaine marge de manoeuvre" politique pour le niveau de la menace

A la suite de l'opération antiterroriste menée en région bruxelloise et à Verviers, le gouvernement fédéral annonçait une batterie de douze mesures destinées à lutter contre le terrrorisme et le radicalisme. Parmi celles-ci, le gouvernement avait envisagé de modifier la loi afin que le Conseil national de sécurité puisse relever le niveau de la menace d'un cran " dans des cas exceptionnels". Cette proposition avait néanmoins fait l'objet de réserves au sein même de la majorité, notamment par la voix du chef de groupe Open Vld à la Chambre.

A son arrivée au 16 rue de la Loi, le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld) rappelait que la législation actuelle prévoyait que " c'est l'OCAM qui détermine le niveau de la menace ". " Les mesures qui peuvent être prises quant à cette menace sont du ressort du politique ", a-t-il ajouté.

Interrogé à ce sujet, le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) a indiqué qu'il était important que " la décision soit aussi objective que possible ".

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR) a quant à lui été un pas plus loin et estimé qu'il serait " bon " de laisser une certaine marge de manoeuvre au monde politique dans la détermination de la menace, en ajoutant que cela relevait aujourd'hui uniquement de l'OCAM.

Le Conseil national de sécurité a aujourd'hui " pris connaissance " des éléments qui ont fait sorte que l'OCAM prolonge le niveau 3 de la menace de deux semaines supplémentaires, selon les mots du vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA).

" La situation reste la même que celle au lendemain de l'opération de Verviers. Le niveau de sécurité et de forces engagées reste dès lors également le même ", a-t-il déclaré à l'issue de la réunion.

RTBF avec Belga

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