Tensions sociales chez Skeyes: la direction annonce un pré-accord, un syndicat dément son existence

C’est toujours l’incertitude du côté de chez Skeyes, les aiguilleurs du ciel, ce jeudi matin. La direction annonçait mercredi qu’un pré-accord avait été convenu avec les syndicats. Elle compte désigner un conciliateur social pour régler notamment la question des horaires de nuit, à condition que les actions de grève s’arrêtent.

Mais apparemment, du côté des syndicats on est moins franc. L’un d’entre eux dément carrément l’existence de cet accord. Il n’exclut d’ailleurs pas de nouvelles actions pour paralyser le ciel belge.

« Nous vous avons récemment entendu dans les médias défendre le soi-disant « accord » conclu entre Skeyes et un syndicat et blâmer lourdement les » quelques personnes « qui ont entrepris des actions. Tous les signataires (80% de tous les contrôleurs actifs) de cette lettre rejettent l’accord que vous avez imposé et soutiennent les actions que nous nous sommes vus contraints d’entamer », expliquent les contrôleurs aériens dans une lettre envoyée au CEO de Skeyes.

Nous voulons travailler en collaboration avec le management, mais dans un esprit de réciprocité

Skeyes (ex-Belgocontrol) est confronté depuis plusieurs semaines à un conflit social après le dépôt d’un préavis de grève par la CSC et le syndicat libéral. Les tensions tournent notamment autour de l’organisation et de la charge de travail.

« En tant que contrôleurs aériens, nous vivons chaque jour une énorme pression, de grandes responsabilités et des situations stressantes. Mais le pire est la pression supplémentaire qui est générée en faisant travailler les contrôleurs aériens des séries de 10 à 12 jours d’affilée, en réinterprétant les règles internes en matière de nuits et de demandes de congés (dans le but de faire travailler les gens davantage), et en niant ou refusant illégalement les demandes de congé parental. Plusieurs points du préavis de grève sont des conséquences directes et indéniables de la pression de travail que vous avez instaurée », ajoutent-ils dans cette lettre.

Déclarer dans la presse qu’il y a une solution, c’est mentir à la population et aux parties concernées

Pour eux, les mesures proposées  ont un énorme impact sur la vie personnelle et professionnelle des contrôleurs aériens et ne résoudront rien. "Par là même vous créez l'impression de vouloir imposer votre propre vision en adaptant les règles et en dissimulant leurs violations."

Ils insistent, « la sécurité du trafic aérien doit être une priorité ». « Une solution simple n’existe pas et déclarer dans la presse qu’il y en a bien une, c’est mentir à la population et aux parties concernées. »

Les contrôleurs aériens demandent que la direction place les lois et règlements au centre de ses préoccupations et soit compréhensive vis-à-vis de son personnel. « De cette manière, nous pourrons enfin retourner à une collaboration constructive où vous faites place au dialogue. Nous voulons travailler en collaboration avec le management, peu importe sa composition, mais dans un esprit de réciprocité, sinon nous nous verrons malheureusement contraints de continuer nos actions. »

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