Tensions au sein du MR : vers un "encadrement" du président Georges-Louis Bouchez, pas une démission

Depuis 48 heures, les téléphones chauffent au MR. Face à la fronde qui grandit, le président du parti Georges-Louis Bouchez cherche à calmer le jeu. "Il est au téléphone en permanence" nous confie une de ses proches. Ses décisions, ses choix de casting ministériel et sa tentative de débarquer la ministre wallonne Valérie De Bue passent mal. "Ce n'est plus possible de continuer avec lui car il agit seul, sans tenir compte des autres" nous explique un ténor du parti.

Des critiques de plus en plus vives

Plusieurs cadres du MR se sont exprimés ouvertement hier à notre micro dans les couloirs du Parlement européen au moment où la confiance était votée au gouvernement De Croo. Interrogés sur la présidence Bouchez, les députés parlent de "gestion autocratique", d'un "manque de respect et de considération", d'un "besoin de réparation"...

Si le mot "démission" n'est pas prononcé à notre micro, c'est bien de cela dont il s'agit. "Il faut éteindre l'incendie avant l'explosion et la seule solution, c'est la démission" nous confie un député influent au sein du MR. Mais tous préfèrent parler d'"un geste fort" qui doit être posé par Georges-Louis Bouchez. 

Pas de démission mais une présidence plus collégiale 

Dans l'entourage du président, on nous explique qu'il n'est pas prêt à démissionner : "Ce n'est pas dans l'intérêt du parti car il n'y a aucun candidat qui fait l'unanimité". En revanche, Georges-Louis Bouchez propose une modification des statuts du parti concernant la présidence afin de la rendre plus collégiale. 

Il est question de transformer la vice-présidence en vrai contre-pouvoir interne, pour que le président soit conseillé en permanence. "La difficulté c'est de trouver des personnes qui acceptent de jouer ce rôle au sein du parti et dans l'intérêt du parti, et qui ne courent donc pas après une carrière personnelle" nous explique une source du MR.   

Selon nos informations, cette piste était au cœur d'une réunion qui s'est tenue ce dimanche matin entre le président Georges-Louis Bouchez et plusieurs personnes influentes du parti. "L'encadrement" serait assuré par les chefs de file du MR des gouvernements, soit la Vice-Première ministre et Ministre fédérale des Affaires étrangères Sophie Wilmès, le Vice-Président wallon et ministre de l'Economie Willy Borsus, le Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Pierre-Yves Jeholet, et la cheffe de groupe au Parlement bruxellois Alexia Bertrand.

Certaines voix réclamaient que cet "encadrement" soit accompagné d'une élection interne anticipée pour la présidence du MR. Cette élection se serait alors tenue dans les deux mois en même temps que les élections internes pour les présidences de sections locales et d'arrondissement. Mais il nous revient que le calendrier ne serait pas revu. Georges-Louis Bouchez resterait donc aux commandes du parti, comme prévu, jusque 2023.  

A voir bien sûr si cette solution d'encadrement permettra d'apaiser les tensions entre Georges-Louis Bouchez et les frondeurs. Un bureau de parti élargi se tiendra ce lundi à 9 heures. Comme nous le dit un cadre du MR, "il faut une solution satisfaisante avant le bureau du parti sinon ce sera l'implosion". 

JT du 04/10/2020 - Tensions au sein du MR : vers un encadrement du président Georges-Louis Bouchez pas une démission

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