Vous n'avez rien suivi des tensions au MR sur les visites domiciliaires? Le résumé en cinq actes

Le projet de loi des visites domiciliaires, c'est-à-dire les perquisitions chez ceux qui abritent des migrants en situation illégale, a créé des remous au sein du MR ces lundi et mardi. 

La présidente du Sénat, Christine Defraigne, a pris une position qui n'est pas celle de son parti. Et Richard Miller, député MR, et président du centre Jean Gol, veut revoir le projet. La bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans, conteste aussi ces visites. Des positions qui énervent leur président de parti, Olivier Chastel.

Retour sur les principales déclarations qui ont attisé les tensions au sein du parti de Charles Michel, le Premier ministre.

ACTE I - Le MR liégeois et Christine Defraigne prennent position

"Je ne pense pas que les visites domiciliaires soient adéquates. Les visites domiciliaires ne peuvent se faire qu’avec le consentement de la personne", affirmait ce mardi Christine Defraigne, qui est aussi cheffe de groupe MR au conseil communal de Liège. La veille, le conseil communal de la ville a voté une motion s'opposant aux visites domiciliaires pour arrêter les migrants.  

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ACTE II - David Clarinval contredit Christine Defraigne

David Clarinval, chef de groupe MR à la Chambre, ne cautionne pas le vote du groupe MR au conseil communal de Liège. Pour lui, "il y a une méconnaissance du dossier par Christine Defraigne." Elle aurait été "piégée par l'opposition".

Et d'ajouter :  "La position qui a été adoptée au conseil communal de Liège n'est pas celle du MR national ni celle du groupe à la Chambre. Le MR national et le groupe à la Chambre connaissent les garanties inscrites dans le projet de loi, en particulier le rôle confié au juge d'instruction, pour ne pas tomber dans la caricature qui est faite pas une série de personnes. Je regrette que le MR de Liège n'ait pas suivi le positionnement du MR national."

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ACTE III - le parti affirme son soutien au projet de loi

Dans la foulée, le Mouvement réformateur réaffirme son soutien au projet de loi. Celui-ci a fait lundi l'objet d'un débat au sein du conseil du MR, en présence du président des réformateurs Olivier Chastel et du Premier ministre Charles Michel. A l'issue du débat, le parti a réaffirmé son soutien à la mesure.

L'inviolabilité du domicile est garantie par l'article 15 de la Constitution mais ce droit n'est pas absolu, a souligné Olivier Chastel, qui rappelle que le Conseil d'Etat a rendu un avis positif sur la mesure. "Des perquisitions peuvent être autorisées selon le cadre fixé par la loi."

Selon le MR, le projet ne vise que "des personnes qui se sont mises volontairement et délibérément dans l'illégalité depuis longtemps en ne respectant pas les décisions successives prises à leur encontre par l'Etat". "Les personnes qui hébergeraient de bonne foi une personne en situation illégale ne risquent absolument rien", assure-t-on.

Acte IV - Richard Miller et Françoise Schepmans donnent de la voix

Christine Defraigne, n'est pas isolée au MR. La preuve ce mardi. Deux députés MR à la Chambre, Françoise Schepmans et Richard Miller, se sont également prononcés en faveur d'un amendement du projet de loi.

"Il y a vraiment un aspect humanitaire dans ce dossier qui doit être mieux défini, mieux encadré et mieux respecté", estime Richard Miller. Et Françoise Schepmans, bourgmestre de Molenbeek, d'ajouter : "C’est vrai qu’il y a des avis partagés aujourd’hui et je pense vraiment que le débat doit se poursuivre au sein des libéraux."

ACTE V - Charles Michel siffle la fin des débats

Alors que des avis différents se font entendre au sein du MR, Charles Michel recadre les discussions depuis la Russie où il a notamment rencontré Dimitri Medvedev, le Premier ministre russe. Dès son retour ce mercredi soir, Charles Michel devrait tenir des consultations discrètes pour analyser les différentes remarques exprimées à propos du projet de loi sur les visites domiciliaires.

Selon l'agence Belga, le chef du gouvernement entend apporter de la sérénité dans le débat qui fait rage depuis quelques jours et permettre à tout le moins que les éclaircissements nécessaires soient apportés.

L'objectif demeure la mise en œuvre de la directive européenne sur les retours, dans laquelle s'inscrit le projet de loi controversé. Puisque le débat parlementaire est appelé à encore durer quelques jours, le Premier ministre prendra un peu de temps pour "lever les malentendus et être à l'écoute des observations", particulièrement celles des juges d'instruction.

Le projet de loi n'a pas fait l'objet de remarques négatives du Conseil d'État, a-t-on ajouté. Ces visites domiciliaires sont prévues en dernier recours et font l'objet d'une autorisation d'un juge d'instruction.

Les débats devaient continuer ce mercredi matin en commission de l'Intérieur... mais l'agenda a été modifié. Objectif, selon nos informations : calmer le jeu et gagner du temps pour qu’en haut lieu on s’accorde sur d’éventuels amendements à apporter au texte. De sources libérales, il apparaît que des précisions sur le rôle du juge d’instruction dans la procédure calmeraient les inquiétudes.

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