Bagarre à Blankenberge : De Crem favorable à une interdiction de plage pour les responsables

La Commission de l’Intérieur de la Chambre s’est réunie en urgence ce mardi matin, en pleine période de vacances parlementaires. Une convocation qui fait suite aux événements survenus sur la plage de Blankenberge samedi dernier.

"La violence à l’égard de la police est un problème de société. Rien ne la justifie, et je la condamne", a martelé le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), en réclamant une punition "ferme et sévère" à l’égard de "cette bande déchaînée". Pour éviter de nouvelles tensions similaires, il s’est en outre dit favorable à une "interdiction de lieu, locale ou généralisée à l’ensemble de la côte" pour les fauteurs de troubles, "comme on le fait avec les hooligans dans le football".

Pieter De Crem a par ailleurs tenu à rappeler que les renforts que la police fédérale fournit aux zones de police locales ont augmenté cette année. Il a également pointé la responsabilité des autorités communales: "Blankenberge dispose d'une plage très étroite, où il y a peu de place en-dehors des concessions privés. C'est leur rôle de gérer cet espace, de veiller à ce qu'il n'y ait pas trop de gens en fonction des marées", a-t-il précisé.

Cet après-midi, le ministre de l‘Intérieur participera à une réunion avec son collègue en charge de la Mobilité, François Bellot (MR), les bourgmestres des communes côtières, la Gouverneure de Flandre Occidentale et la SNCB pour envisager une éventuelle adaptation de l’offre de trains vers la mer.

Pas d’amalgame

C’est principalement le parti d’extrême droite Vlaams Belang et les nationalistes flamands de la N-VA qui souhaitaient cet échange de vues rapide sur "les émeutes et les bagarres à la côte", pour interpeller conjointement Pieter De Crem sur les actes de violences commis "par des bandes criminelles de jeunes allochtones venus de Bruxelles".

D’autres partis se sont joints au débat, pour connaître les intentions du gouvernement fédéral et la stratégie qui sera adoptée dans la perspective du week-end du 15 août.

"Ce qui s’est passé est évidemment inacceptable" ont réagi les députés PS. Mais il faut "éviter le populisme et prendre de la hauteur", selon Hervé Rigot, alors que pour Eric Thiébaut, "on parle d’un problème localisé dans une commune, et on a l’impression qu’on va prendre des mesures disproportionnées sur l’ensemble de la côte, pénalisant tout le monde".

Caroline Taquin a également dénoncé des "actes de violence graves commis par des délinquants", en précisant qu’à ses yeux "refuser les touristes d’un jour n’est pas une solution".

La députée Meryame Kitir (s.pa) a quant à elle réclamé de la mesure, pour "ne pas stigmatiser l’ensemble de la communauté allochtone" pour les actes commis par quelques "malfrats ".

Même tonalité chez Jan Briers (CD&V), pour qui "il faut montrer aux émeutiers que leur comportement est inacceptable", sans pour autant "faire de la côte un privilège pour certains".

Trois Bruxellois ont été inculpés dans le cadre de cette bagarre (JT du 10/08/2020)

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