Tecteo: "Je veux savoir où va mon argent" exige Melchior Wathelet

Melchior Wathelet
Melchior Wathelet - © Archive RTBF

Le secrétaire d'Etat cdH Melchior Wathelet se réjouit que les administrateurs de Tecteo se réuniront prochainement pour réexaminer le rachat de L'Avenir. Interrogé par la RTBF, il exige une "totale transparence" dans ce dossier. Il "ne trouverait pas anormal" que l'on applique à Stéphane Moreau le plafond maximum de rémunération de 290 000 euros annuels.

Pour le cdH Melchior Wathelet, le rachat de L’Avenir par Tecteo "pose un certain nombre de questions en terme d’indépendance de la presse. Il faut faire la totale transparence. Il ne serait pas acceptable qu’il y ait une quelconque pression sur un quelconque journaliste. Est-il opportun que des communes et des provinces (c’est-à-dire notre argent) investissent dans des entreprises de type commercial, dans un secteur difficile qui est celui de la presse écrite ? On ne m’a pas démontré que c’était parfait".

L'éthique de Stéphane Moreau

Le secrétaire d’Etat cdH "ne trouverait pas anormal" que le plafond maximum de 290 000 euros qui a été décidé au niveau fédéral pour les dirigeants d’entreprises publiques "soit également d’application au sein de Tecteo SA, qui est détenue à 100% par des communes et des provinces. Pour être très clair : quelqu’un comme Stéphane Moreau, dont on ne connaît pas la rémunération, dit vouloir faire preuve d’éthique par rapport à sa relation avec la presse. Qu’il montre déjà de l’éthique par rapport à sa rémunération, et qu’il s’aligne sur ce que le PS notamment défend dans tous les autres niveaux de pouvoir".

L’administrateur cdH de Tecteo Dominique Drion a demandé une réunion urgente du conseil d’administration de l’intercommunale pour examiner le rachat de L’Avenir. La décision de reprise du titre peut donc être remise en cause, indique Melchior Wathelet : "Il y a des instances. Je suis membre du conseil communal de Verviers et je veux savoir vers où va mon argent. Cela me semble normal et sain".

Je n’ai jamais vu de bolchéviques berlusconiens

Selon Bart De Wever, les partis traditionnels sont mentalement prêts à un Di Rupo II. Melchior Wathelet regrette qu’on soit déjà entré en campagne électorale : "On est passé de bolchéviques à berlusconiens dans les insultes et les invectives mutuelles mais en même temps tout le monde veut continuer à travailler ensemble. Et c’est un peu ce qui m’agace dans ce début de rentrée, c’est du théâtre, ils ne s’en cachent même plus, vous avez Didier Reynders qui dit qu’il veut continuer et en même temps il veut continuer avec des bolchéviques berlusconiens (je n’en ai d’ailleurs jamais vus). C’est assez contradictoire. Mais peu importe, comme c’est la bonne phrase et comme ça fait plaisir à l’électeur libéral de pouvoir traiter les socialistes de bolchéviques et de berlusconiens, ça marche. Comme on entend dans le chef du PS qu’il faut lancer ce nationalisme wallon pour faire semblant que le PS est le bon rempart par rapport à la N-VA. On a l’impression qu’on va vivre ça pendant neuf mois alors que, globalement, que ce soit au niveau du gouvernement fédéral ou que ce soit au niveau régional et communautaire, on  a quand même encore pas mal de boulot".

La N-VA me fait rire

Que répond Melchior Wathelet à la N-VA lorsqu’elle dit qu’elle n’entrerait que dans un gouvernement qui accepte le confédéralisme ?  "Ils ne savent pas eux-mêmes ce que c’est que le confédéralisme. Ils me font rire. Au début c’était l’indépendance, puis ils sont passés au confédéralisme, puis ils ont dit qu’ils allaient définir ce qu’est le confédéralisme, puis ils ont dit ce sera l’article 35, puis maintenant Siegfried Bracke veut bien y aller mais Bart De Wever ne veut pas, puis ils doivent quand même avoir un congrès sur ce que c’est le confédéralisme. J’ai vraiment l’impression que plus ce gouvernement continuera à respecter sa feuille de route, plus il respectera ses engagements, plus il pourra avoir une influence sur la N-VA en montrant aux électeurs flamands qu’ils doivent privilégier des partis qui avancent et qui viennent avec des résultats plutôt que ceux qui parlent beaucoup mais qui ne savent toujours pas ce qu’est le confédéralisme".

Parachute doré

Le patron de Belgocontrol Jean-Claude Tintin réclame un parachute doré de 700 000 euros. "Il y a droit" commente le ministre de tutelle Melchior Wathelet, "mais je trouve qu’il devrait avoir l’éthique de refuser cette indemnité de départ".

A.L. avec B. Henne

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