Taxe sur les GAFA : pour Bénédicte Linard, ministre des Médias, "ça pourrait bénéficier au secteur culturel"

Taxe sur les GAFA : pour Bénédicte Linard, ministre des Médias, "ça pourrait bénéficier au secteur culturel"
Taxe sur les GAFA : pour Bénédicte Linard, ministre des Médias, "ça pourrait bénéficier au secteur culturel" - © Tous droits réservés

La séquence "Les décodeurs" était consacrée ce vendredi sur La Première au casting ministériel dévoilé dans la nuit de jeudi à vendredi. Des dossiers qui touchent au numérique, aux technologies et aux médias sont gérés par la Région wallonne et la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le gouvernement s’engage notamment à "soutenir la démarche de l’Union européenne afin de lutter plus efficacement contre l’évitement fiscal des multinationales du numérique et d’instaurer un taux minimum mondial d’imposition des profits des géants du web". L’idée de taxer les GAFA est dans l’air depuis un moment déjà. Au niveau européen, une proposition de directive était sur la table, mais elle a été jetée à la poubelle l’année passée. Plusieurs pays étaient contre, or il faut l’unanimité sur les questions fiscales.


►►► À lire aussi : Y aura-t-il une taxe sur les GAFA ? Quatre questions pour comprendre


 

Il y a quelques mois, la France a pris les devants. Le ministre Bruno Le Maire s’est saisi de ce projet européen avorté pour le faire appliquer en France. "C’est une mesure forte qui, je crois, est attendue par les Français et qui vise à rétablir de la justice fiscale, de l’efficacité fiscale et à construire la fiscalité du XXIe siècle. Chacun sait que ce sont les données, que c’est l’immatériel et que c’est le digital qui crée aujourd’hui le plus de valeur. Il est normal et légitime qu’ils soient aussi taxés", a-t-il déclaré à cette occasion.

L’idée du texte français est de taxer à hauteur de 3% de leur chiffre d’affaires les sociétés du numérique qui génèrent un chiffre d’affaires d’au moins 750 millions d’euros, dont 25 millions en France. C’est une idée qui n’a pas beaucoup plu à Donald Trump, qui réagissait fin juillet en menaçant de taxer les importations de vins français. Comme l’a déclaré le président des Etats-Unis : "C’est une erreur. La France n’aurait pas dû faire ça. Je pourrais donc instaurer une taxe. J’ai toujours préféré les vins américains aux vins français, même si je ne bois pas de vin. J’aime juste leur aspect. Ils n’ont pas pris la bonne décision en taxant nos compagnies. Nous taxons nos compagnies, pas eux."

Et la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Mais Emmanuel Macron a discuté de tout cela avec Donald Trump au sommet du G7 fin août et le président français a dit qu’il supprimerait rétroactivement cette taxe dès qu’il y aura une taxe au niveau international. C’est le deal avec Donald Trump, qui veut bien y réfléchir, et en attendant la France maintient sa position.

Quelle place pour la Fédération Wallonie-Bruxelles dans ces dossiers ? C’est la question posée ce matin à Bénédicte Linard (Ecolo), la toute nouvelle ministre des Médias. "Quand on a mené les négociations en parallèle entre la Région wallonne et la Communauté française, on a marqué notre intérêt des deux côtés pour faire valoir cette nécessité d’aller taxer ces GAFA ou GAFAM, en fonction de ce qu’on regarde, avec l’idée que les rentrées financières qui ressortiraient de ça pourraient bénéficier à des investissements. Par exemple en Fédération, on imagine que ça pourrait bénéficier au secteur culturel", a-t-elle répondu.

Simple effet d’annonce ? Non, affirme Bénédicte Linard. "C’est une intention forte en tant qu’entité — et je vais donc parler de la Fédération Wallonie-Bruxelles — de pouvoir porter cette revendication au niveau européen".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK