Taxe au kilomètre pour camions: une étude confirme l'impact sur le secteur

La redevance kilométrique pour camions vise la participation des transporteurs étrangers aux coûts du réseau, mais elle pourrait coûter cher aussi au secteur en Wallonie
La redevance kilométrique pour camions vise la participation des transporteurs étrangers aux coûts du réseau, mais elle pourrait coûter cher aussi au secteur en Wallonie - © DAVID STOCKMAN - BELGA

Dès avril 2016, les poids lourds de plus de 3,5 tonnes devront s’acquitter d’une redevance kilométrique. Elle fait l’objet d’un accord de partenariat entre les différentes régions du pays et sera donc en vigueur sur l’ensemble du territoire.

Le gouvernement wallon a dévoilé ses propres modalités de prélèvement le 11 juin dernier. L’exécutif régional espère voir rentrer environ 220 millions dans ses caisses. Mais il sait aussi que cela coûtera plus cher aux transporteurs que l’actuelle Eurovignette. Et pour mesurer l’impact de cette redevance sur le secteur, l’UCL a été chargée d’une étude dont la RTBF a pu prendre connaissance.

Impact négatif, mais variable

Les auteurs de cette étude socio-économique indiquent qu’en raison du délai court qui leur a été imposé, leur analyse n’est pas exhaustive. Néanmoins, leurs recherches prouvent clairement que le prélèvement kilométrique aura un impact sur l’économie belge, direct sur les différents acteurs du transport routier, et indirect sur les entreprises avec lesquelles ils entretiennent des relations commerciales.

Bien entendu, cet impact sera différent en fonction du domaine d’activité de l’entreprise. C’est une évidence, mais l’étude précise qu’ "un prélèvement kilométrique est susceptible d’avoir des effets économiques négatifs sur des activités quand le coût de transport représente une part importante du prix rendu des marchandises".

De nombreux secteurs seront donc touchés, à des degrés divers: l’industrie extractive, l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire, la distribution de combustible, les spécialistes des travaux de voiries, la collecte de déchets et le domaine du recyclage, l’activité sucrière, la production de pâtes à papier…

Les effets seront variés également: perte de compétitivité des entreprises wallonnes et par conséquent perte de parts de marché, hausse des prix qui sera répercutée directement sur le consommateur final, voire diminution de l’attractivité du territoire aux yeux des grands groupes internationaux…

L’étude relève quand même quelques points positifs. Outre le ballon d’oxygène financier dont le réseau routier régional devrait bénéficier, la redevance kilométrique pour camions pourrait par exemple pousser les transporteurs à investir dans des véhicules moins polluants (critère pris en considération dans le prix imposé au kilomètre), ou encore améliorer la fluidité du trafic en incitant à la limitation du transport à vide ou à la mutualisation du transport.

Le Gouvernement wallon est en possession de cette étude universitaire depuis plusieurs semaines. Il s’est d’ailleurs engagé à négocier avec le secteur wallon du transport ce qu’il appelle des "mesures d’accompagnement", par crainte d’effrayer le gendarme européen en parlant plus clairement de "compensations". Ces négociations sont toujours en cours actuellement.

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