Tax shift: la grande distribution met Charles Michel au défi

La baisse des cotisation sociales au-delà des 2000 euros brut inquiète les patrons de la grande distribution, dont les salariés gagnent généralement moins.
La baisse des cotisation sociales au-delà des 2000 euros brut inquiète les patrons de la grande distribution, dont les salariés gagnent généralement moins. - © JOEL SAGET - AFP

Les effets du tax shift, on continue d'en parler.

Pour doper l'emploi, le gouvernement a également annoncé une baisse des cotisations patronales. Elles passeront de 33 à 25% pour les salaires à partir de 2000 euros brut. Alors quel sera l'impact réel de cette mesure ? Les avis sont assez partagés. Dans le secteur du commerce et de la distribution, on se montre assez sceptique. Pourquoi ?

Parce que les salaires y sont en général plutôt petits, souvent en dessous de ces 2 000 euros brut. La fédération patronale de la distribution, Comeos, craint que rien ne soit prévu pour baisser les charges sur les bas salaires. Alors, dit son administrateur délégué, Dominique Michel, que cela permettrait de créer de l’emploi. " Ce sont justement les secteurs avec les bas salaires qui engagent le plus. Ce sont dans les bas salaires qu’on a le plus d’impact en matière de création d’emplois lorsque l’on baisse les charges sociales", affirme-t-il. "Dans le commerce, on a 400 000 personnes, le plus grand secteur d’emploi du pays. Si on baisse les charges de 5%, nous créons demain 20 000 emplois rien que dans le secteur de Comeos. C’est véritablement maintenant le défi du gouvernement: il faut qu’il annonce des mesures dans ce domaine", lance encore Dominique Michel.

"Le gouvernement pense au long terme"

Les économistes s’accordent pour dire que baisser les charges sur les bas salaires entraîne des créations d’emplois. Mais en s’attaquant aux charges sur les salaires plus élevés, on privilégie l’avenir en renforçant la compétitivité des secteurs de pointe. "On peut penser qu’il y a dans ce choix de diminuer les cotisations sociales de manière linéaire et non pas de les cibler sur les bas salaires, une préférence qui a été donnée à l’argument de la compétitivité à moyen ou à long terme par rapport à un objectif d’emploi à court terme", explique ainsi l’économiste Etienne de Callataÿ. "Diminuer les cotisations sociales de manière linéaire de telle sorte que y compris les moyens et les hauts salaires en bénéficient, c’est effectivement préférer le moyen ou long terme au court terme, c’est faire un pari quant à ce renforcement de la capacité productive de notre économie dont in fine tout le monde bénéficiera, non seulement les personnes plus qualifiées, mais l’ensemble des travailleurs ", ajoute-t-il.

Mais attention: augmenter la compétitivité des entreprises n’entraîne pas automatiquement rapidement la création d’emplois.

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