Tax shift: la gauche chrétienne exige "une plus grande justice fiscale"

Le Mouvement ouvrier chrétien (MOC), Beweging.net et leurs organisations constitutives, dont la CSC et la Mutualité chrétienne, donnent deux semaines au gouvernement fédéral pour annoncer un véritable glissement structurel de la fiscalité. "Il faut donner plus d'oxygène à l'économie et à la société à travers une plus grande justice fiscale", a clamé lundi le président de Beweging.net, Patrick Develtere.

Les organisations chrétiennes exigent un glissement de la fiscalité sur le travail et les allocations de remplacement vers le capital et le patrimoine, une fiscalité plus progressive, un impôt sur la spéculation mobilière et immobilière et, plus globalement, une fiscalité plus juste. "Nous analyserons le tax shift du gouvernement à l'aune de ces critères", a indiqué le président de la CSC Marc Leemans interrogé sur la perspective d'un nouveau mouvement social à la rentrée. Les voitures de société coûtent 4 milliards d'euros, or on connaît les enjeux en termes de mobilité et de pollution, a-t-il souligné.

Du plomb dans l'aile

Tant annoncé, le tax shift semble avoir du plomb dans l'aile alors qu'au sein du gouvernement, seuls les chrétiens-démocrates flamands font encore de cet objectif un des enjeux prioritaires de l'actuel contrôle budgétaire.

"Le gouvernement doit clarifier sa vision du tax shift. Il ne serait pas acceptable que l'ajustement accouche à nouveau de mesures visant à diminuer les dépenses de l’État et les moyens de la sécurité sociale", a prévenu Christian Kunsch, le président du MOC.

Le Mouvement ouvrier chrétien refuse toute nouvelle baisse des cotisations de sécurité sociale qui ne serait pas compensée par la contribution de revenus autres que ceux de la TVA et qui ne serait pas liée à des engagements en termes d'emplois.

La secrétaire générale de la CSC Marie-Hélène Ska a également rappelé la nécessité de globaliser les revenus afin de contribuer à la constitution d'un cadre stable et transparent au service de l'économie. "Aujourd'hui, on va croiser les factures d'électricité des allocataires, qui se retrouvent stigmatisés, mais lorsqu'on veut toucher aux revenus mobiliers ou immobiliers, on invoque la protection de la vie privée", a-t-elle dénoncé, appelant le gouvernement à faire preuve de "courage politique" et à emprunter le chemin du "vrai changement". Il y va de la crédibilité du monde politique, a-t-elle insisté à l'heure où la population teste ses représentants dans la crise grecque.

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