Tax shift: Chastel (MR) "est comblé", Khattabi (Ecolo) "a mal à sa Belgique"

Un an, jour pour jour, après la prestation de serment du gouvernement Michel, a été voté l’accord sur les mesures du virage fiscal. Un Tax shift qui, pour le président du MR Olivier Chastel, permet de "concrétiser les promesses faites". La possibilité pour les PME et les indépendants d’engager plus facilement va, selon lui, "dessiner la croissance." Pour le MR, l’amélioration touchera tous les travailleurs dès 2016, sans devoir attendre 2019.

Zakia Khattabi, co-présidente d’Ecolo accuse pourtant le gouvernement fédéral de refuser de tirer le bilan de ce qui s’est passé durant un an alors que "100 000 personnes ont manifesté pour demander au gouvernement de revoir sa copie."

Zakia Khattabi salue pourtant quelques points positifs des mesures annoncées, notamment en faveur des indépendants: "L’exonération des cotisations patronales pour le premier emploi peut être saluée. Après 20 ans comme travailleur indépendant, mon mari pourra engager son premier travailleur." Mais succèdent aussitôt les critiques: "On aurait pu aller plus loin en réduisant les charges administratives qui sont encore lourdes".

"Des effets salariaux dès le 1er janvier 2016"

Olivier Chastel se déclare pourtant "comblé" par les mesures annoncées: "La vie des indépendants va être améliorée, comme leur potentiel de développement et leur salaire poche."

Le président du MR répète sans relâche qu’il a fallu un an pour concrétiser l’ensemble des mesures et que les avantages financiers pour les travailleurs ne seront pas accordés en 2019 mais bien dès 2016: "On a toujours dit que pour les bas et moyens salaires, ce serait 100 euros par mois. Pour celui qui gagne 4100 euros brut, ce sera encore 80 euros en net supplémentaires par mois. Mais le plus important, ce sont les moyens et bas salaires car ce sont eux qui vont permettre de relancer l’économie." Selon Olivier Chastel, la première augmentation de salaire sera visible dès le 1er janvier 2016, et représentera entre 50 et 80 euros en fonction du niveau de revenu. Il rappelle aussi que l’augmentation des frais forfaitaires est déjà en place depuis le 1er janvier dernier: "On ne peut pas dire les charges sont imposées aujourd’hui et que les augmentations de salaires seront pour demain. c'est faux"

Les certitudes libérales soulèvent pourtant des doutes écolo: ceux qui bénéficieront de ce gain salarial doivent attendre 2019, tandis que les efforts leur sont demandés aujourd’hui, assure Zakia Khattabi qui évoque, pêle-mêle, la note d’électricité qui pourrait avoisiner 240 euros de plus par mois (chiffres contestés par Olivier Chastel), le saut d’index et l’augmentation des accises (ndlr: tabac, alcool, diesel).

Mais surtout, pour Ecolo, seuls bénéficierons de ces mesures les travailleurs qui paient des impôts: "Les exclus du chômage et les travailleurs pauvres ne profiteront pas du virage fiscal", argumente Zakia Khattabi. Réponse du berger à la bergère: "Ce gouvernement à été le premier à promouvoir l’enveloppe ‘bien-être’ à 100%, soit 1,3 milliard d’euros pour tous les minimas sociaux qui ont été augmentés dès le 1er septembre." Zakia Khattabi reconnaît que le gouvernement Di Rupo ne l’avait pas fait, mais rappelle qu’il ne s’agit pas là d’une des mesures du Tax shift annoncé.

La tuile budgétaire ? Quelle tuile ?

Une erreur de 882 millions dans le budget, cela a bien été une "embardée des calculs" reconnaît l’ancien ministre du budget qui assure que ce type de désagrément arrive dans tout exercice budgétaire. "Nous avons donc anticipé la situation en augmentant plus tôt que prévu le précompte mobilier et en réduisant les dépenses. Ce type d’anticipation donne ses effets dès 2015. "

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Tax shift: Chastel (MR) "est comblé", Khattabi (Ecolo) "a mal sa Belgique" © Tous droits réservés

Quel financement pour la sécu?

Mais Zakia Khattabi soulève la crainte que voir le Tax shift ne servir, finalement qu’à résorber le déficit. "J’ai applaudi à la réduction des cotisations patronales, mais comment compenser le financement alternatif de la sécu? Le gouvernement fait-il preuve d’un manque d’anticipation ou organise-t-il le démantèlement de la protection sociale?

Ce financement alternatif est en chantier, répond le président du MR qui constate que jusqu’à présent, "peu de politiques s’y sont intéressés." Le gouvernement définira comment équilibrer la sécurité sociale et son financement pourrait venir des emplois créés par le virage fiscal: "Toutes nos mesures visent à créer de l’emploi et, dans nos estimations, nous n’avons jamais tenu compte des effets retour de cette politique. Cet effet retour servira à financer la sécurité social "

La co-présidente Ecolo n’envisage pas l’avenir avec autant d’optimisme: "J’ai mal à ma Belgique. On prépare les familles à travailler plus et à gagner moins. "

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