Tax-shift: "Ce ne sont que les travailleurs et les allocataires sociaux qui paient"

"Je n'ai jamais considéré les patrons comme mes copains" déclare ce jeudi le secrétaire général de la FGTB au micro de Thomas Gadisseux dans Matin Prem1ère, alors que le Groupe des Dix se réunit, afin de faire le point sur les nombreux dossiers "très difficiles" autour de l'accord interprofessionnel.

Dans le cadre de la réforme des pensions voulue par le gouvernement fédéral, les syndicats ont déposé une proposition destinée à évaluer la pénibilité des métiers. Ils proposent, outre les quatre critères de base sur lesquels un accord existe déjà avec les employeurs et le gouvernement, 22 sous-catégories et 100 sous critères.

Selon la FEB, cette proposition revient à "généraliser les exceptions pour aboutir à une situation où il n'y a pratiquement plus d'exception".

Pour Marc Goblet, "on ne sortira pas de la ligne" de cette étude qui énumère "toutes les causes qui peuvent aboutir à une pénibilité au travail; partant de là, l'objectif est de voir comment on permet d'anticiper le départ de son travail en fonction de la période de pénibilité subie. Et de faire en sorte de ne pas pousser les travailleurs à s'inscrire uniquement sur la mutuelle".

"Ce ne sont que les travailleurs et les allocataires sociaux qui paient"

Le secrétaire général de la FGTB propose de réfléchir à une solution dans laquelle "un travailleur âgé peut réduire ses prestations d'un jour ou deux, les consacre à former des jeunes pour garder l'expérience et la transition dans l'entreprise. C'est peut-être une méthode plus favorable que de vouloir absolument le maintenir à temps plein, le faire travailler plus longtemps alors qu'il est dans des conditions de pénibilité".

La FGTB mènera une action ce vendredi afin de "dire au gouvernement que leur politique ne nous convient pas, et qu'il y a des alternatives. On essaye de nous faire croire que le pouvoir d'achat des travailleurs a augmenté avec le tax-shift. Quand vous dites cela à un travailleur il vous rit au nez, il n'y a que le Premier ministre est ses acolytes qui y croient. En fiscalité on va encore faire des accords concernant la diminution de l'impôt des sociétés. Mais où y a-t-il une justice fiscale? Ce ne sont que les travailleurs et les allocataires sociaux qui paient". Selon Marc Goblet, ce que les travailleurs ont perdu à cause du saut d'index n'a jamais été compensé par le tax-shift.

"S'il faut aller aux grèves, il faut y aller"

Au gouvernement qui se félicite d'avoir créé 130 000 "jobs", Marc Goblet répond: "Il faut regarder les emplois créés, ce sont des temps partiels, des intérims et des flexi-jobs. Nous voulons des emplois de qualité. Nous mettons en avant la réduction collective du temps de travail. Il est possible de passer de 38 heures à 32, 33, 34. C'est la réalité des entreprises. Il faut laisser aux interlocuteurs sociaux la possibilité de négocier les matières qui les concernent: l'emploi ou l'organisation du travail. Or ce gouvernement dit: 'nous sommes les élus, c'est nous qui décidons'. C'est pour cela que nous devons donner un signal fort, qui sera suivi d'une mobilisation dans les entreprises. Si il faut aller aux grèves, il faut y aller parce qu'on ne peut tout de même pas tout le temps laisser les reculs sociaux s'inscrire. Le gouvernement ne doit pas s'imaginer que, parce qu'il y a eu un accord professionnel automatiquement il a la paix sociale".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir