Tarification de l'électricité: les réactions de la sphère politique

"Une tarification plus solidaire, et non l'inverse"

Le Parti Socialiste (PS) s'interroge sur la pertinence d'offrir cette électricité à tout le monde sans distinction, notamment aux familles à hauts revenus qui pourraient y trouver un incitant à davantage consommer.

De plus, poursuit le PS, le mécanisme ne tient pas suffisamment compte des situations particulières telles que les ménages qui se chauffent à l'électricité, les familles nombreuses ou les petits indépendants qui ont un même compteur pour leur logement et leur activité professionnelle. "Le PS veut une tarification plus solidaire et non l'inverse. Cela demande une action globale sur le coût de l'énergie. (...) Quand on voit que les mécanismes de soutien aux panneaux photovoltaïques (certificats verts) vont coûter au minimum 2,5 milliards d'euros à tous les consommateurs sur les 15 prochaines années et que les ménages les moins aisés ont rarement des panneaux solaires, on peut se demander où est la justice énergétique", grincent les socialistes.

Selon eux, les "fameux kWh gratuits" seront en réalité vite absorbés par le surcoût généré par les certificats verts, annulant tout bénéfice pour les consommateurs. Le PS demande dès lors au ministre Nollet de "revoir au plus vite et en profondeur" le mécanisme des certificats verts et d'assurer une tarification de l'énergie "réellement solidaire et environnementale". 

"Un écran de fumée"

Côté libéral, les réactions sont vives. Willy Borsus, le chef de file MR au Parlement wallon, a déclaré à nos collègues du Soir : "Personne n’est dupe. M. Nollet est empêtré dans les certificats verts qui vont coûter plus de 2,5 milliards d’euros aux entreprises et ménages wallons. Et il n’a pas de réponse à ce problème colossal pour la compétitivité des entreprises et pour le pouvoir d’achat des Wallons. Alors que fait-il ? A un peu plus d’un an des élections, il tente une diversion avec une annonce purement démagogique. Soyons clairs : la gratuité est évidemment fausse. Le ministre veut juste faire payer la gratuité accordée à une catégorie de consommateurs par une autre catégorie de consommateurs." La déclaration du ministre Nollet ne serait qu'un "écran de fumée."

Le parti libéral a ajouté : "le MR refuse que le manque de diligence du gouvernement wallon provoque une augmentation des factures d'électricité des ménages et entreprises wallonnes au risque de limiter le pouvoir d'achat, handicaper lourdement les PME et ainsi freiner le développement économique nécessaire à notre Région."

Le MR demande par ailleurs que toute la lumière soit faite sur le dérapage du coût du photovoltaïque en Région wallonne. Une étude récente évoque une facture totale de 2,5 milliards d'euros sur les 15 prochaines années. Les Réformateurs réclament donc la création d'une Commission parlementaire spéciale qui analyserait la politique énergétique wallonne.

"Non à l'électricité plus chère chez les familles !"

La position du cdH est claire. A ses yeux, le ministre écologiste "disjoncte" en promettant la gratuite des 500 premier KW/h mais en oubliant de dire que sa proposition fera gonfler la facture d'électricité des familles. "Le cdH y est radicalement opposé", précisent les centristes.

Selon eux, la réforme du système des prix de l'électricité doit suivre plusieurs balises, comme la composition des ménages (une famille de 2 ou 3 enfants ne peut être défavorisée par rapport à une personne seule) ou la situation de chaque logement.

Le cdH estime en revanche qu'il est "primordial et urgent" de revoir le mécanisme des certificats verts, régulièrement dénoncé dans le dossier du soutien au photovoltaïque.

Réaction du secteur de l'énergie

Toujours dans les pages du Soir, le directeur général de la Fédération belge des entreprises électriques et gazières (Febeg) réagissent aussi à la proposition de Jean-Marc Nollet : "La Wallonie ne fait que copier le modèle flamand. Ou plutôt l’erreur. Car, comme l’a souligné à plusieurs reprises le rapport du conseil économique et social flamand, les grandes familles ne sont pas nécessairement les plus riches. La redistribution n’est donc pas aussi évidente qu’elle ne paraît au premier abord. Ce n’est pas une mesure qu’on peut qualifier de sociale. De plus, en Flandre en tout cas, cette mesure passe par le biais des tarifs de distribution. Ce qui la rend peu transparente. Les gens ne la voient pas. Si vous voulez que les gens économisent de l’énergie, je ne pense pas que c’est en leur en donnant ”gratuitement” que vous allez les y amener. C’est un mauvais signal."

Belga

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