Targnion, Kir, Hons, Ozkara : déjà trois exclusions et un départ du PS en 2020

Muriel Targnion, Benoît Hons, Emir Kir et Emin Ozkara, trois exclusions et un départ.
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Muriel Targnion, Benoît Hons, Emir Kir et Emin Ozkara, trois exclusions et un départ. - © RTBF

Muriel Targnion est exclue du Parti socialiste : la décision, prise par la Commission de Vigilance est tombée mercredi soir et rendue publique ce jeudi. La bourgmestre de Verviers est écartée en raison du climat au sein de la section socialiste. Certainement, aussi, en raison de son rôle dans le scandale Publifin.

En 2020, Muriel Targnion est déjà la troisième personnalité exclue par le PS. Et ce n’est peut-être pas la dernière. Rappel des cas litigieux.

  • Benoît Hons, échevin à Neuprez

L’année 2020 débute à peine et le couperet tombe pour un premier mandataire : Benoît Hons, échevin à Neuprez, est écarté du PS. Sa faute ? Un post Facebook dans lequel il s’en prenait aux gens du voyage. Après un vol de ses effets personnels lors d’un séjour en Espagne, il accuse les membres de cette communauté et les traite de "spécimens parasites".

Dans les colonnes de Sudpresse, lorsque la sanction tombe, il exprime un mea culpa tardif. "J’ai eu des mots dignes d’un vocabulaire nazi et j’en suis honteux. Mais j’ai eu un 'bug'. Alors je sais que ça n’excuse pas, mais je vis actuellement une situation personnelle difficile", dit-il le 5 janvier. Difficile parce que "j’ai 55 ans et toute ma vie a été consacrée à la curiosité, à la découverte, au dialogue, à la culture… Et pour un seul post sur Facebook, j’ai l’impression qu’on vient de saccager toute ma vie".

Benoît Hons quitte son poste d’échevin et sera également écarté de ses fonctions de maître-assistant à la Haute Ecole de la Province de Liège.

  • Emir Kir, député-bourgmestre de Saint-Josse

Cas de conscience au PS ! Quelques jours après l’exclusion de Benoît Hons, un autre dossier arrive sur la table des membres de la Commission de Vigilance du PS, celui d’Emir Kir, bourgmestre de Saint-Josse, suite à la plainte d’un militant Jérémie Tojerow. Le 18 janvier, cette commission tranche : le très populaire mandataire (18.520 voix lors des dernières élections fédérales) est exclu, après deux décennies au sein du parti.

Emir Kir s’est rendu coupable d’avoir brisé le cordon sanitaire avec l’extrême-droite, quelques jours plus tôt. La Commission interne juge "qu’il y a eu rupture du cordon sanitaire et qu’il y a eu un manquement de vigilance aux conséquences graves, de la part de ce mandataire expérimenté, dans la connaissance et dans l’enquête préalable et préparatoire portant sur les appartenances politiques des membres de la délégation de l’Association des Villes et des Communes de Turquie (TBB) qu’il a reçue le 4 décembre 2019 alors qu’elle était présente à Bruxelles du 2 au 5 décembre."

Emir Kir paie aussi son ambiguïté autour de la question du génocide arménien perpétré en 1915 par l’armée ottomane.

Emir Kir n’introduit pas de recours. Il reste député et bourgmestre, mais indépendant. Dans sa commune, il est à la tête d’un collège composé exclusivement de socialistes francophones et néerlandophones.

Au sein de la Fédération bruxelloise du PS, un mot d’ordre est lancé, notamment aux élus d’origine turque. Plus question de s’afficher avec des représentants politiques turcs issus de formations d’extrême-droite.

  • Muriel Targnion, bourgmestre de Verviers

"Je prends acte de cette décision et me laisse quelques heures et le temps de la réflexion avant de réagir". Voici en substance ce qu’a déclaré ce jeudi Muriel Targnion à la RTBF suite à son exclusion du PS.

Début juillet, le Parti socialiste avait lancé une procédure interne afin de sanctionner Muriel Targnion pour avoir enfreint les directives du parti en déposant une motion de méfiance collective contre le collège, alors que l’Union socialiste communale (USC) et la Fédération verviétoise du PS étaient sous tutelle.

Cette motion de méfiance permettait à l’actuel collège de se séparer du président du CPAS Hasan Aydin (soutenu par le boulevard de l’Empereur) dans le cadre d’un dossier d’irrégularité de gestion de l’institution. Leader du premier parti de Verviers et actuellement en majorité avec le MR et Nouveau Verviers, la bourgmestre souhaitait s’allier au cdH, démarche formellement interdite par les instances socialistes nationales.

  • Emin Ozkara, député bruxellois

L’exclusion d’Emir Kir, le 18 janvier dernier, entraîne un nouveau départ dans les heures qui suivent : Emin Ozkara, député bruxellois PS, décide de siéger en tant qu’indépendant. Mais les deux dossiers ne sont pas directement liés.

Emin Ozkara n’a pas été formellement exclu par le PS, il est parti de lui-même. Celui-ci était en froid avec son groupe politique depuis la campagne électorale de 2019. Lors d’un vote sur la transparence de l’administration, Emin Ozkara s’est désolidarisé du PS. Il a plaidé en faveur d’un amendement non soutenu par son parti et a reçu les félicitations des responsables des associations Cumuleo et Transparencia. Chez nos confrères de BX1, il s’attaque aux socialistes : "On est venu me chercher parce que j’étais d’origine turque".

Emin Ozkara avait également porté plainte suite au cambriolage de son bureau au Parlement bruxellois et fait intervenir la police, suscitant une vive tension avec la cheffe groupe de l’époque, Caroline Désir (PS).

Lors des élections régionales, Emin Ozkara rentre cependant dans le rang et se présente sur la liste PS. Mais en janvier dernier, il décide finalement de quitter son groupe politique.

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