Sven Gatz (Open Vld): "Les blocages c'est bien, mais les gens veulent aussi des gouvernements qui gouvernent"

Il est le nouveau ministre bruxellois du Budget. Sven Gatz (Open Vld) a bravé l’état-major de son parti et renvoyé le MR dans l’opposition. Mais pour quel résultat ? Quelle est la patte libérale flamande dans le nouveau gouvernement de gauche bruxellois ? Faut-il y déceler un point de rupture entre Flamands de Flandre et de Bruxelles ? Sven Gatz était l’invité de Rachel Crivellaro ce mardi pour en parler.

Malgré la pression des libéraux francophones, Sven Gatz se retrouve cavalier seul des libéraux à la région bruxelloise. "On s’est battu, mais même si l’on voulait soutenir le MR, la formation du gouvernement se fait par deux groupes linguistiques. C’est la loi, tient-il à rappeler. C’est un peu délicat d’avoir une interférence francophone au sein du groupe linguistique flamand et vice-versa, et on peut donc le suggérer, mettre une certaine pression, le demander à plusieurs reprises comme l’a fait ma présidente de parti (Gwendolyn Rutten, ndlr). Mais si les partenaires de coalition ne veulent pas changer, c’est également leur droit."

Pour le libéral, un éventuel blocage n’aurait pu s’avérer soutenable sur le long terme. "Les blocages, c’est très bien. Mais je pense que les gens en ont marre et veulent aussi avoir des gouvernements qui gouvernent, ironise-t-il. Les Bruxellois ont droit à un gouvernement. Il est facile de dire avec qui on ne veut pas gouverner, mais faire un compromis avec ceux qui doivent gouverner avec nous, c’est autre chose. Un blocage ne peut pas persister", souligne-t-il.

Des Flamands de Bruxelles aux Bruxellois néerlandophones

Les Flamands de Bruxelles et de Flandre ne sont plus à mettre dans le même sac. Sven Gatz en est persuadé. "Déjà côté francophone, il ne fallait jamais dire à un Bruxellois qu’il était Wallon. Ce n’était pas la même chose", se souvient-il. Il constate en outre un glissement sémantique côté flamand depuis ces dix ou vingt dernières années, depuis "Brusselse Vlaming" (Flamand de Bruxelles) vers un "nederlandstalige brusseleir" (Bruxellois néerlandophone).

"Bruxelles a aussi changé d’un point de vue démographique, explique Sven Gatz. Elle est devenue une ville internationale, multiculturelle, cosmopolite, et les gens s’y retrouvent autrement que dans d’autres régions plus homogènes. Comme New York sort un peu des États-Unis ou Paris sort de la France, Bruxelles est un peu un cas à part. Et c’est un nouveau défi pour toute la classe politique de ce pays."

Patte libérale

Quelle sera la patte libérale dans un gouvernement particulièrement marqué à gauche ? Tout d’abord, un budget à l’équilibre, auquel son ministre promet de veiller personnellement. Sven Gatz promet également une baisse des droits d’enregistrement pour "permettre à la classe moyenne d’avoir accès au premier achat d’un appartement ou d’une maison".

Enfin, "tous les investissements seront faits pour le métro", garanti le ministre, précisant que "l’argent est là, aussi bien bruxellois que fédéral", et qu’il sera mis "à côté du budget normal", comme pour le bouclage du ring d’Anvers par exemple.

La 5G, pas pour tout de suite

Malgré les multiples déclarations d’intention de la classe politique, nous sommes encore loin de disposer de la 5G sur nos smartphones. "Nous attendons le fédéral, précise Sven Gatz. Il faut attribuer les bandes de fréquence aux opérateurs. Cela sera fait dans les mois qui viennent", explique-t-il. Les demandes d’études d’incidence sur l’environnement et la santé des écologistes ne l’inquiètent pas. "Il faut une décision fédérale, et cela va de toute façon durer jusqu’à fin 2020. Entre-temps, nous avons le temps de faire des tests, de préparer les dossiers, revoir le protocole bruxellois avec les opérateurs. Notre timing est en concordance avec d’autres villes et nous le ferons. C’est dans l’accord gouvernemental."

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