Survol de Bruxelles: "Ces actions en justice vont aider François Bellot"

Le ciel bruxellois gronde à nouveau. Non pas des orages de ces derniers jours, mais bien d'une polémique politique lancée par un gouvernement bruxellois PS-DéFI-cdH (et Open Vld) contre un fédéral notamment du bien esseulé MR.

La ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Frémault (cdH) a lancé trois actions en cessation environnementale dans le dossier de nuisances liées au trafic aérien de l'aéroport national situé aux portes de la capitale.

La fédération des patrons bruxellois BECI a fustigé samedi cette décision, la jugeant non-concertée, et estimant que, pour tuer définitivement l'économie de la capitale, le gouvernement ne pouvait pas mieux faire.

"Oui, mais... Les aéroports européens..."

Invité de Matin Première ce mardi, Bernard Clerfayt (DéFI), bourgmestre de Schaerbeek et député bruxellois, soutient la mesure.

Dialogue.

 - Est-ce que, vous, en soutenant ces actions-là, vous n'êtes pas en train importante pour l'économie de la capitale ? lui demande d'emblée Bertrand Henne.

 - Non. Beaucoup d'aéroports européens proches des capitales, proches des centres urbains, parviennent à fonctionner, à créer de l'emploi, à créer de l'activité, sans créer autant de nuisances que l'aéroport de Zaventem, répond Bernard Clerfayt. Ce que demande la ministre bruxelloise, mais aussi tous les bourgmestres qui se joignent à cette action (parce que c'est une demande de nos citoyens), c'est que l'aéroport continue à fonctionner, mais en respectant les normes de bruits.

 - Mais n'est-ce pas un frein à l'économie bruxelloise alors qu'on est déjà dans un moment très difficile ?

 - Non, les autres aéroports européens fonctionnent avec des règles telles qu'on les demande à Bruxelles et ils fonctionnent très bien, ils créent de l'emploi.

"Un combat légitime"

Chez les autres, donc, ça fonctionne. Mécanique bien huilée, respectueux des habitants, créateurs d'emplois… L'aéroport idéal en plein milieu urbain serait bel et bien possible. Il existerait en Europe. Alors, après quinze ans de péripéties, au fond, pourquoi pas chez nous aussi ?

"C'est un combat, je pense, légitime, normal, des Bruxellois, qui aimeraient bien qu'il y ait enfin une autorité indépendante qui puisse réellement mesurer les survols, que l'on fixe des heures de fonctionnement des avions qui soient cohérentes avec les heures d'autres aéroports internationaux proches des centres urbains."

Et le bourgmestre de Schaerbeek ajoute : "Je ne vois donc pas en quoi on mettrait ainsi en péril l'activité économique de l'aéroport".

"Le MR a voulu la jouer un peu politique"

Mais, au fond, rien de neuf sous le soleil zaventemien. Ordonnance après ordonnance, le non-respect des normes de bruit a été pointé du doigt, rappelle Bernard Clerfayt. Le gouvernement bruxellois ne fait ainsi, dit-il, que retaper sur le clou. Rien de plus.

Sauf que le MR, bien mal pris entre ses six bourgmestres bruxellois et ses responsabilités aéroportuaires au fédéral, y voit une attaque politique pour le mettre en difficulté. Les libéraux marchent sur des œufs, mais ont finalement décidé de "soutenir l'intervention aux actions en cessation environnementale", tout en dénonçant la méthode du gouvernement bruxellois.

"Le MR a voulu la jouer un peu politique, se sentant attaqué parce qu'il est au gouvernement fédéral et que c'est un des leurs (François Bellot, ndlr) qui a la compétence. Mais je pense, au contraire, que ces actions en justice vont aider, je le souhaite, M. Bellot à présenter au gouvernement fédéral, où il y a une majorité de Flamands, des solutions qui soient plus respectueuses des Bruxellois, de leur droit à un sommeil convenable et au calme dans leurs oreilles."

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