Survol de Bruxelles: Flamands et Bruxellois en chiens de faïence

C'était comité de concertation ce matin. Ce lieu où les différents pouvoirs, régions, communautés, fédéral, peuvent se rencontrer et tenter de trouver des solutions. Au menu de ce mercredi: le survol de Bruxelles et, plus précisément, la procédure en conflit d'intérêt lancée par la Flandre en décembre, à l'annonce, par Bruxelles, de la fin de la tolérance concernant les dépassements des normes du bruit par les avions décollant de Brussels Airport. Pour la Flandre, la fin de ces normes est une menace directe pour l'emploi de l'aéroport et pour l'activité économique du nord. Pour Bruxelles, l'arrêt de la tolérance, c'est une question de santé publique. Deux logiques s'affrontaient au mois de décembre, la réunion de ce matin n'a strictement rien changé. 

Le fédéral, entre impuissance et volonté d'avancer

Avant la réunion, les acteurs principaux de ce comité de concertation se montraient ouverts à une solution, si les autres partis prenantes y mettaient du leur. Après la réunion, le discours avait changé. Entre-temps, le comité de concertation s'est très mal passé. "C'est un comité de concertation mais face à nous, Bruxelles ne veut pas de concertation". La charge est rude et est signée Ben Weyts, le ministre flamand de la Mobilité. La réponse de Céline Fremault, la ministre bruxelloise de la Qualité de vie et de l'environnement répond du tac-au-tac : "cela fait deux ans que nous demandons et attendons une concertation". 

François Bellot, le ministre fédéral de la Mobilité, regrette la façon dont la réunion s'est tenue. Il appelle "toutes les parties à prendre leurs responsabilités dans ce dossier qui dure depuis 40 ans." Le Premier ministre Charles Michel a décidé d'organiser un nouvelle réunion du comité de concertation avant la fin de la procédure en conflit d'intérêt (le 22 février), pour tenter de trouver une solution. D'un côté, Bruxelles, sûre de ses normes anti-bruit (validées par la justice) entend bien faire respecter les normes, la Flandre, elle, de son côté, est prête à prendre toutes les dispositions, même juridiques, pour empêcher Bruxelles de faire respecter ses normes. Bruxelles et Flandre, Flandre et Bruxelles se regardent en chiens de faïence.

Soutien du mouvement citoyen "Pas Question"

Le mouvement citoyen "Pas Question" a apporté son "soutien total" à la Région bruxelloise dans son "action déterminée pour faire respecter strictement ses normes de bruits, sans plus y appliquer aucune marge de tolérance".

"Nous sommes dans un État de droit, et la Région bruxelloise ne peut pas donner aux compagnies aériennes un 'permis de violer la loi', a commenté l'association.

Pour "Pas question", "le compte à rebours est donc enclenché, et les normes de bruit bruxelloises seront appliquées strictement dès le 22 février 2017".

Selon l'association bruxelloise, le ministre Bellot a par ailleurs le pouvoir de prendre des mesures immédiates pour envoyer une partie du trafic causant des violations de normes vers d'autres routes aériennes existantes, et de faire cesser à brève échéance la majorité des violations de normes de bruit.

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