Surpopulation carcérale: nos prisons à nouveau dans le rouge avec des contaminations Covid qui se multiplient

Le Conseil Central de Surveillance Pénitentiaire (CCSP) a été institué par une loi de 2005 en tant qu’organe indépendant et impartial de contrôle et d’avis veillant à garantir les droits et la dignité humaine des personnes détenues. Il bénéficie à ce titre d’une dotation annuelle de la Chambre des représentants. Il fait actuellement le constat que la population pénitentiaire est revenue à son niveau d’avant la crise sanitaire et à ce titre s’inquiète également d’un rebond de l’épidémie dans les prisons. La Belgique est placée en Europe en tête des pays en matière de surpopulation carcérale

Un détenu contaminé sur cinq l’a été au cours des trois premières semaines d’avril.

D’après les statistiques, sur les trois premières semaines du mois d’avril, 225 détenus ont été contaminés sur une population pénitentiaire de 10.423 détenus. Soit 22% du nombre total de détenus testés positifs (1027 détenus) au Covid-19 depuis le début de la pandémie. En outre, au cours de la semaine écoulée, deux prisons (Forest et Gand), ont été placées temporairement en confinement total tandis que celle de Termonde est toujours confinée depuis le 1er avril et que trois ailes de la prison de Jamioulx sont en quarantaine.

Les mesures prises par le ministre de la Justice ne vont pas assez loin

Ces chiffres témoignent d’une situation inquiétante et démontrent que les mesures prises par le ministre de la Justice et l’administration pénitentiaire ne suffisent pas : "Le ministre de la Justice a décidé récemment des mêmes mesures que celles prises par son prédécesseur voici un an (diminution de près de 10% des détenus en 2020). Or, force est de constater qu’elles n’ont pas permis de contenir l’épidémie", avance le Conseil central de surveillance pénitentiaire qui dans le même temps constate que ces mesures ont eu pour conséquence "d’aggraver les effets préjudiciables de la détention en privant les personnes détenues de bon nombre de leurs droits fondamentaux". Sans compter le cortège de restrictions imposées à certains détenus : privation d’activités et/ou de cours, de travail, pas de douche régulière ni sortie au préau ou visite, plus d’accès à des modalités de peine destinées à préparer leur sortie (congé pénitentiaire, permission de sortie, détention limitée).

Faire séjourner en cellule deux détenus, dont un cas positif, est irresponsable

Le Conseil de surveillance des prisons observe également que la surpopulation que connaissent certains établissements contraint parfois la mise en quarantaine d’un détenu positif avec un codétenu négatif, faute de places suffisantes pour les séparer. Dans certains cas les prisonniers dorment à même le sol faute de lits en suffisance. Fort de ces constats, le Conseil demande au ministre de la Justice de rappeler à toutes les parties prenantes, en ce compris les intervenants judiciaires, l’importance de diminuer la population pénitentiaire. Il demande également aux autorités d’accélérer la vaccination chez les détenus.

Accélérer le processus de vaccination au sein des prisons, gardiens comme détenus

Le 15 avril dernier, le Conseil supérieur de la santé avait recommandé que tous les groupes de personnes séjournant en même temps dans le même espace fermé, donc notamment les détenus et le personnel pénitentiaire, fassent l’objet d’une vaccination prioritaire contre le coronavirus. Toutefois, à ce stade, il est prévu que seuls les détenus âgés de 65 ans ou plus, ainsi que les internés et les personnes atteintes de comorbidité (environ 1800 à 2000 détenus) qui y consentent seront vaccinés dans un premier temps. Les 8500 autres personnes détenues doivent attendre une phase 2 encore indéterminée dans le temps.

Des visites virtuelles dans les prisons: JT 26/04/2021

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