Sûreté de l’Etat: quatre cents agents de renseignement recrutés d’ici 2024

La Sureté de l’Etat va quasi doubler son personnel d’ici 2024. Une décision de recrutement prise aux lendemains des attentats de 2016 mais jamais exécutées jusqu’ici. A trois mois du procès à Paris des attentats, cette information confirmée ce jeudi par Vincent Van Quickenborne, le ministre de la Justice et Jaak Raes, l’administrateur général de la Sûreté ne peut mieux tomber. D’autant qu’en commission de la Défense, des critiques se sont élevées au lendemain de la fuite de Jurgen Conings sur la non-application d’une série de recommandations émises par la commission parlementaire belge sur les attentats de 2016. Dont celle de l’efficience de nos services de renseignements.

Recruter et former 135 agents par année

L’entrée en service des nouveaux agents se fera étape par étape, 135 agents par année d'ici 2024, le temps de les former. Contrairement à d’autres institutions publiques, les renseignements ne peuvent se reposer sur un organe de formation extérieur. Ces engagements s’inscrivent dans le cadre d’un plan stratégique 2021-2024. D’autres investissements sont prévus, notamment dans le support informatique qui bénéficiera de 7,5 millions supplémentaires par an. Des efforts avaient déjà été consentis sous la législature précédente. "Il fallait retirer la prise de l’amateurisme", a souligné Jaak Raes.

Des agents sous faux profil pour pénétrer les "groupes secrets" des réseaux sociaux

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© AFP or licensors

Dans le cadre de son plan stratégique, la Sûreté se concentre sur une série de phénomènes, à commencer par le terrorisme et l’extrémisme. Elément nouveau, les agents du renseignement vont pouvoir utiliser des techniques plus offensives pour détecter les profils à risque en matière de terrorisme et d’extrémisme. Pratiquement, les agents du renseignement pourront faire usage de faux profils pour pénétrer des groupes secrets sur certaines plateformes cryptées et ainsi faire si nécessaire l’apologie d’idées extrémistes pour se rendre crédible auprès de leur cible. Un projet de loi a été approuvé en conseil des ministres le 28 mai. Si celui-ci est adopté il permettra d’utiliser ce type de méthode. Pour éviter les dérapages, ces techniques offensives du renseignement par des agents virtuels devront être placées sous le contrôle de la commission "BIM" présidée par un magistrat et dont la mission est de surveiller l’usage des méthodes particulières de recherche.

L'extrême-droite visée par la Sûreté (JT 02/07/2020)

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