Commentaires supprimés sur le Facebook de Charles Michel: des internautes s'étonnent

Le message a beaucoup fait parler de lui ces dernières heures sur la toile. Dans un "article" (c'est le terme employé par Facebook pour désigner ce genre de publications), Charles Michel défend la politique migratoire de son gouvernement. Le mode de communication, sans passer devant le Parlement ou par les médias traditionnels, en a surpris plus d'un.

La publication a été aussitôt partagée et commentée. Mais certains ont remarqué que des commentaires faisaient l'objet d'une modération par le gestionnaire de la page Facebook de Charles Michel. 

"Supprimer des commentaires qui expriment avec respect un désaccord avec vos propos et votre politique ne peut être qualifié autrement que de censure", dénonce une internaute.

"Décider de faire sa communication sur Facebook plutôt que par les canaux officiels et puis supprimer les messages qui ne vous conviennent pas, ça n'est vraiment pas joli", lance un autre. Un troisième citoyen tempère : "Tous (mes commentaires), pourtant en faveur de la politique de ce gouvernement (ont disparu) aussi. Inutile de penser que seuls les commentaires hostiles ont disparu. Du calme les gens". 

Commentaires et réactions bienvenus

En réponse à l'une de ces remarques, un message signé Charles Michel explique que "tous les commentaires et les réactions sont les bienvenus. Les insultes, les propos racistes sont néanmoins supprimés".

Un choix confirmé par le porte-parole de Charles Michel que nous avons contacté : "On applique toujours la même règle. Les commentaires sont ouverts sur la page du Premier ministre", et ce à condition de rester "dans un débat constructif". Dans le cas contraire, "les éléments d'insultes ou les propos agressifs" sont supprimés au cas par cas.

La page Facebook de Charles Michel se présente aussi comme un espace de dialogue. En témoigne ce commentaire posté au nom du Premier ministre. Si dans une première version la réponse est courtoise et définitive, le texte a ensuite été modifié pour inviter à discuter "en mesage (sic) privé ou email".

Où s'arrête le débat et où commence l'insulte ? La réponse à cette question manque de clarté pour plusieurs citoyens. Pour prouver leur bonne foi, et faire passer leur message, ils ont été nombreux à poster à nouveau leur commentaire qui avait disparu.

Censure ? "Pas au sens juridique"

Pour Damien Van Achter, expert en nouvelles technologies et professeur invité à l'IHECS, "On peut presque parler de censure, sauf au sens juridique du terme".

"Il est 'chez lui', il est sur sa page et c'est même de sa responsabilité de veiller à ce qu'il n'y ait pas de commentaires racistes ou appelant à la violence".

"Après, quand des opposants viennent le critiquer, c'est lui qui choisit de faire ce qu'il veut, ajoute-t-il encore. Et quand on dit 'lui', il y a fort à parier que ce ne soit pas Charles Michel qui soit derrière son ordinateur, directement, en train de lire les commentaires."

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