Alda Greoli voudrait des supermarchés sans tabac

En Belgique, 40 personnes meurent chaque jour des suites du tabagisme. Face à cette "situation d'urgence", et alors qu'en Wallonie, quelque 800.000 fumeurs grillent 16 cigarettes, en moyenne, par jour, la ministre wallonne de la Santé, Alda Greoli (cdH), a appelé la grande distribution à prendre ses responsabilités. Avec un objectif: pousser les supermarchés à la réflexion afin qu'à terme, ils retirent le tabac de leurs rayons.

Présentation du premier plan wallon anti-tabac

"Aujourd'hui, le tabac est disponible dans tous les grands magasins! Or l'abondance et la proximité des lieux de vente de tabac ont une influence sur la consommation. Je demande donc aux différents acteurs de réfléchir dans le cadre de leur responsabilité sociétale au retrait de la vente de cigarettes dans les grandes surfaces, ce qui contribuerait à dénormaliser le tabac et à soutenir les actions de prévention de la Wallonie", a expliqué la ministre, mardi, à l'occasion de la présentation du premier plan wallon anti-tabac.

Kruidvat comme modèle

Selon cette dernière, la vente de tabac dans les supermarchés est déjà interdite dans de nombreux pays, dont l'Autriche, la France, la Grèce, l'Italie, le Portugal et l'Espagne. Aux Pays-Bas et en Belgique, la chaîne de droguerie Kruidvat a retiré les produits du tabac de ses rayons.

"C'est exemplaire car je suis consciente que cette démarche de renoncement à la vente de tabac a un coût pour le secteur, même si cela n'est rien au regard du coût collectif de la cigarette", a souligné Alda Greoli en assurant qu'elle n'hésitera pas à saisir le gouvernement fédéral, pour qu'il agisse de manière plus coercitive, si le secteur ne mène pas une réflexion sur le sujet.

La réaction de Comeos

Après la prise de position d'Alda Greoli, Dominique Michel, l'administrateur délégué de la fédération du commerce et des services Comeos a déclaré répond "La vente de tabac dans les supermarchés est déjà très strictement réglementée, les produits de tabac y étant tenus hors de la portée des clients". 

"Si la ministre Greoli vise une mesure de santé publique, elle doit viser l'ensemble des commerçants qui vendent du tabac et pas seulement une partie des commerces, à savoir les supermarchés", a par ailleurs souligné Dominique Michel.

"Si les pouvoirs publics compétents décidaient de restreindre ou d'interdire la vente de tabac, les membres de Comeos mettraient immédiatement en œuvre ces mesures pour autant qu'elles s'appliquent à l'ensemble des commerçants", a-t-il ajouté.