Kazakhgate: l'Ordre de Malte a été "une couverture sympathique"

Jean-Pierre Mazery, ancien grand chancelier de l'Ordre de Malte
2 images
Jean-Pierre Mazery, ancien grand chancelier de l'Ordre de Malte - © BRUNO FAHY - BELGA

La commission d'enquête sur le Kazakhgate a poursuivi ses travaux ce vendredi. Les députés ont commencé par auditionner l'ancien juge d'instruction Jean-Claude Van Espen. Après une interruption, c'était le tour du procureur du Roi Jean-Marc Meilleur.

Aux commissaires qui s'étonnaient que la Belgique ait tardé à entamer une enquête sur cette affaire (information ouverte en 2014) alors que les enquêteurs français auraient pu permettre à leurs confrères belges de s'exécuter dès 2012, il a expliqué qu'il fallait se replacer dans le contexte "des informations portées à la connaissance du magistrat en 2012". A l'époque, il semblait préférable de laisser enquêter des services étrangers sur des éléments qui ne concernaient, de ce qui était communiqué, pratiquement aucune personnalité belge.

L'Ordre de Malte a servi de couverture

L'ancien grand chancelier (Premier ministre) de l'Ordre de Malte, Jean-Pierre Mazery, a démenti tout lien de l'Ordre de Malte avec le Kazakhgate, estimant que le conseiller français Jean-François Etienne des Rosaies, également ex-conseiller du président français Nicolas Sarkozy, s'est laissé pousser du col en intervenant au nom de l'Ordre.

Jean-Pierre Mazery a qualifié une série de courriels envoyés par Jean-François Des Rosaies, inculpé à Paris dans le Kazakhgate, d'affabulations, et démenti être intervenu pour la promotion de l'ex-président du Sénat Armand De Decker, qu'il connaissait par ailleurs au même titre que Jean-François Des Rosaies, dans l'équipe d'avocats élyséenne intervenant au profit du trio de milliardaires kazakhs Chodiev et consorts.

Jean-Pierre Mazery a rencontré l'avocate Catherine Degoul à Rome, également membre de l'équipe élyséenne, mais sans lien avec le Kazakhgate dont il n'a eu vent, assure-t-il, qu'a posteriori dans la presse.

Jean-Pierre Mazery a dès lors démenti que son organisation soit à l'origine d'un don à une association scoute présidée par l'avocat général Jean-François Godbille, qui avait dû gérer le dossier Chodiev, comme l'avait indiqué Armand De Decker. "C'est une couverture sympathique, non seulement c'est faux, mais ce n'est pas réaliste", a-t-il dit.

Jean-Pierre Mazery n'a plus vu Armand De Decker et est aujourd'hui en froid avec Jean-François Des Rosaies.

Armand De Decker s'est présenté à 15h00 pour faire une courte déclaration dans laquelle il invoque le secret professionnel, puisqu'il n'est intervenu dans cette affaire que comme avocat. Il s'est ensuite retiré, laissant les députés indécis.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK