Budget 2018 de la FWB: un déficit annoncé de 221 millions, 83 millions pour le pacte d'Excellence

Annoncé sur Twitter par Rudy Demotte ce jeudi, le budget "initial" 2018 de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été présenté ce vendredi dans les locaux du gouvernement vers 10h30 par le ministre président de la FWB et ses ministres.

L'ambiance est quelque peu orageuse dans la politique francophone ces derniers mois, suite aux différents scandales qui se sont succédés — Samusocial et Publifin pour ne citer qu'eux —, à tel point que le président du cdH Benoît Lutgen a décidé de débrancher la prise et annoncer ne plus vouloir gouverner avec le PS en juin dernier.

Un coup d'éclat qui a abouti à la mise en place d'un nouveau gouvernement MR - cdH en Wallonie, mais c'est le statu-quo à Bruxelles, MR et cdH ne pouvant obtenir la majorité à eux seule et aucun parti ne voulant s'associer à la coalition. A tel point que Rudi Vervoort a demandé un vote de confiance au gouvernement bruxellois en pleine législature, chose inhabituelle.

PS et cdH, toujours partenaires à la FWB, sont quelque peu sous tensions, comme en témoignent certaines sorties des ministres. L'annonce du budget 2018 peut être vu comme un gage de stabilité, dans ces temps tourmentés.

Déficit identique à celui de 2017

Le budget 2018 de la FWB suit le même objectif budgétaire qu'en 2017, c'est-à-dire un déficit SEC* de 221 millions d'euros, tout en "réinvestissant massivement." Le budget a donc été respecté les règles européennes, comme l'a précisé André Flahaut, ministre FWB du Budget.

La FWB a estimé l'augmentation des recettes, par rapport à 2017, à 251 millions, principalement en raison de la croissance du PIB. Les dépenses, quant à elle, devraient augmenter de 158 millions, s'expliquant par une augmentation naturelle des dépenses (indexation des dotations réglementaires et des dépenses de personnel) de 20,9 millions, par les engagements confirmés par le gouvernement (72,5 millions) et les politiques nouvelles (64,6 millions). Ce budget doit encore recevoir l'aval du parlement.

*Le SEC est le Système européen de Comptabilité qui correspond au cadre comptable commun à tous les pays de l'UE, afin d'obtenir leur harmonisation. Plus précisément, c'est le SEC95 qui a été choisi.

Augmentation du budget dédié à l'enseignement

Alda Greoli, Ministre de la Culture et l'Enfance, a détaillé le budget concernant le pacte d'Excellence qui entre dans sa deuxième phase d'investissement. Il bénéficie d'une augmentation de 43 millions, pour atteindre un budget total de 83 millions, dont :

  • 24 millions pour les bâtiments, avec une volonté de créer 33 000 places entre 2014 et 2020,
  • 23,6 millions supplémentaires pour le renforcement du maternel, avec la promesse de 200 nouveaux postes de puéricultrice,
  • 15 millions pour le renforcement des directions, avec notamment l'embauche d'éducateurs et secrétaire de direction,
  • 2,5 millions pour renforcer "la tendance à rendre l'école gratuite", en se concentrant dans un premier temps sur les maternelles
  • 1,25 millions pour "accompagner les élèves dans la réussite", afin de combattre le redoublement.
  • 3,75 millions afin d'aider les enseignants à "diminuer la charge face à l'élève, et augmenter les pratiques collaboratives"

Concernant la petite enfance, deux dossiers sont particulièrement importants : un statut social pour les accueillantes d'enfant, dont l'investissement est doublé pour atteindre 16 millions; et les différences de financement des lieux collectifs d'accueil, notamment le manque de financement des halte-garderie. 3 millions seront consacrés pour rattraper leur retard. 1,5 millions supplémentaire est également consacré au plan cigogne, destiné à l'ouverture supplémentaire de place en petite enfance. L'ONE, Office de la Naissance et la Petite Enfance, voit sa dotation augmenter de 30 millions.

Un prix unique du livre d'ici la fin de l'année ?

Le budget des arts de la scène est lui augmenté de 10% (+10 millions). "Je pense que tout le monde pourra y voir une volonté claire, collective du gouvernement de pouvoir répondre aux défis d'importance de ce secteur" a commenté la ministre de la Culture. Des financements supplémentaires sont également consacrés aux nouveaux centres culturels (+500 000 euros) et à la biennale de Venise (+300 000 euros) afin d'assurer le rayonnement de la culture française.

Le cinéma n'est pas en reste, "vu le développement du cinéma francophone", le centre du cinéma et de l'audiovisuel obtient un refinancement et un soutien supplémentaire.

"Nous voudrions aboutir à la finalisation du décret sur le prix unique du livre d'ici la fin de l'année" a espéré Alda Greoli, qui serait mis en oeuvre en janvier 2018. 200 000 euros sont consacrés au comité d'experts missionné pour analyser les prix pratiqués par les différents éditeurs.

Recherche et enseignement supérieur mieux soutenus

Concernant la recherche fondamentale, la FWB a décidé "d'envoyer un signal fort" et d'y "investir massivement", Jean-Claude Marcourt, ministre PS de la Recherche annonçant une augmentation de 15% de son financement.

Concernant l'enseignement supérieur, 21,5 millions sont ajoutés afin de "poursuivre et amplifier son refinancement". Le ministre de l'Enseignement supérieur promet également le recrutement de 90 équivalent temps-plein supplémentaires chez les conseillers académiques, pour un montant de 5,5 millions d'euros.

Concernant les médias, les aides à la presse sont maintenues à une hauteur de 9,6 millions d'euros, "avec l'intention de revoir les modalités de distribution de ces aides à la presse" précise le ministre Marcourt. 500.000 euros seront consacrés à l'aide à leur transformation vers le numérique, et afin de maintenir une information de qualité.

Le financement des TV locales est lui indexé à 7,2 millions d'euros.

250 000 euros pour la lutte contre la radicalisation

L'Aide à la Jeunesse obtient un second refinancement de 11,54 millions, dont plus de 8 millions d'euros pour le secteur subventionné. 250 000 euros supplémentaires sont consacrés à la lutte contre la radicalisation violente et le terrorisme dans les prisons.

Le sport lui bénéficie de 1,258 million supplémentaire, avec une attention toute particulière au développement des sports féminins. "Il y a une volonté de soutenir encore plus le sport féminin, et je crois que c'est un excellent projet" a déclaré Jean-Claude Marcourt.

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