Style Dehaene: "Un problème? Deux solutions: la mauvaise et la mienne"

Le style Dehaene: "Pour chaque problème, il y a deux solutions, la mauvaise et la mienne"
Le style Dehaene: "Pour chaque problème, il y a deux solutions, la mauvaise et la mienne" - © Wil - BELGAIMAGE

L'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene, décédé en France ce jeudi, aura marqué son époque par son bilan politique belge et européen mais aussi par son style de communication. Le "bulldozer" décidait lui-même quand il communiquait et comment. Mais en échange, la presse pouvait compter sur des "quotes" de légende et un style direct et sans fioritures.

"No comment", "Pas de commentaire", "Geen commentaar" : c'était sans doute la réponse favorite de Jean-Luc Dehaene aux journalistes qui tentaient de lui soutirer une déclaration en pleine négociation.

Pour dribbler la presse, le bulldozer fonçait, physiquement, tel un cheval de trait brabançon, au risque de renverser tout sur son passage, et de lancer "Allez, Moniek", pour lancer le signal du départ à sa fidèle porte-parole Moniek Delvou.

Et en même temps, l'homme politique restait disponible pour les journalistes, quitte à interrompre un barbecue en catastrophe ou à se prêter à des jeux plus légers.

Un talent de plombier

Si l'homme préférait faire mûrir ses dossiers loin des projecteurs, c'est parce qu'il ne voulait "résoudre les problèmes que quand ils se posent", une antienne reprise par nombre de ses collègues depuis.

Conscient de l'élément temps dans la façon de trouver des accords, l'informateur qu'il était avait notamment lancé en 1987 au Roi Baudouin "Sire, donnez-moi 100 jours". Après 106 jours, malgré un préaccord avec les libéraux désavoué par les urnes, il réussit à mettre sur pied une alliance sans les bleus, mais avec les socialistes.

Sa capacité de travail, son pragmatisme appris dans les cabinets et sa créativité lui permettait de trouver des solutions de "plombier" aux problèmes les plus compliqués, à condition qu'ils soient dans ses cordes.

Comme l'humour favorise la communication, il n'hésitait pas à ajouter "Pour chaque problème, il y a deux solutions, la mauvaise et la mienne". Parfois l'humour était involontaire comme lorsqu'il lance dans son anglais savoureux, juché sur son cheval mécanique pendant un voyage aux States, le fameux "Let the beast go!".

Son côté populaire, c'était aussi ses shorts et sandales ou encore son fanatisme pour le Club brugeois, écharpe de supporters autour du cou et bière à la main, comme ci-dessous. Il disait d'ailleurs qu'une défaite de son club était pire que la chute d'un gouvernement.

JFH avec Ju. Vl.

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