Stratégie de vaccination en Belgique: les priorités n'ont pas (encore) changé, voici l'ordre des différentes phases

Le ministre Vandenbroucke à la Chambre en janvier 2021 et vaccin Pfizer-BioNtech (illustration)
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Le ministre Vandenbroucke à la Chambre en janvier 2021 et vaccin Pfizer-BioNtech (illustration) - © BELGA/AFP

"Si on veut donner des perspectives aux jeunes, il ne suffit pas de les vacciner en premier", a déclaré le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, mercredi dans l’émission De Ochtend (VRT). "Mais ça ne veut pas dire non plus qu’ils devront attendre jusqu’à la fin de la campagne. On n’a jamais dit ça", a-t-il précisé alors que la Belgique a décidé de ne pas vacciner, pour l’instant, les plus de 55 ans avec le vaccin AstraZeneca, faute de données suffisantes pour les plus âgés.


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Cette décision aura un impact sur la campagne de vaccination, a admis le ministre Vandenbroucke. La conférence interministérielle Santé qui a lieu ce mercredi matin. Rien n’a été tranché.

La Task Force Vaccination doit se pencher sur la question ce soir. Les experts devraient remettre leurs projections dans les prochains jours. Un comité de concertation est aussi prévu ce vendredi.


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Explications de Laurent Henrard en direct dans notre journal de la mi-journée :

Le plan de vaccination du gouvernement fédéral est le suivant :

En janvier : Les résidents et le personnel des maisons de repos et de soins et le personnel des soins de santé (docteurs, infirmiers…) dans les hôpitaux. Cette étape se poursuit " sans relâche " ont déclaré hier les experts de sciensano, le groupe interfédéral de lutte contre le covid-19.

Pour février : Le personnel des soins de santé de 1re ligne (médecins, pharmaciens…), ainsi que les institutions collectives de soins (soins aux personnes porteuses de handicap…) et le reste du personnel hospitalier.

Mars : les personnes âgées de 65ans ou plus et les personnes qui présentent des risques de comorbidités. Ces dernières sont encore à définir.

En avril, il s’agira de vacciner les personnes désireuses qui occupent "des fonctions critiques dans des secteurs essentiels". Ceux-ci sont également encore à définir, comme nous allons le voir ci-dessous

A partir de juin, la population générale au-dessus de 18 ans devrait être appelée.


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Le calendrier ne devrait donc pas changer la dénomination des groupes prioritaires mais de tenir compte des derniers événements. A savoir, rappelons-le, les retards dans la livraison des vaccins AstraZeneca, et la décision de ne pas vacciner les 55 ans et plus avec ce même vaccin.

L’immunologie de l’ULB Muriel Moser était l’invitée de notre journal de 13 heures :

De nouveaux groupes susceptibles d’accéder au vaccin plus tôt que prévu

Tout d’abord donc pour les opérations du mois prochain. Quels sont les facteurs de "comorbidité"?

Il y a l’obésité, le diabète (type 1 et 2), l’hypertension, les maladies pulmonaires, cardiovasculaires, rénales, hépatiques chroniques et malignités hématologiques. Ça, c’est la liste de juillet dernier. Mais celle-ci pourrait bien s’allonger à la lumière des nouvelles informations sur le coronavirus. Ainsi, les personnes qui subissent une dialyse, celles souffrant de maladies rares – dont des pathologies neuromusculaires rares -, celles qui ont été greffées, souffrant d'hypertension, du Sida, les personnes trisomiques et celles en insuffisance rénale.


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Donc se pose la question par exemple aussi des fonctions dites "essentielles" : On pense aux pompiers et aux policiers. Mais aussi pourquoi pas le secteur de l’enseignement ? Certains voudraient ajouter le corps enseignant, par exemple, afin de pouvoir garantir l’ouverture des établissements scolaires dans les prochains mois.


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Dans la presse francophone, et notamment dans Matin Prem1ère, le président du PS, Paul Magnette, a suggéré de réserver ce vaccin aux étudiants.


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L’idée n’enthousiasme visiblement pas le ministre de la Santé (lui aussi socialiste). "Je veux quand même revenir sur un malentendu. Si on veut donner des perspectives aux jeunes, il ne suffit pas de les vacciner en premier. Nous devons vacciner rapidement un nombre suffisamment important de personnes afin de ne plus avoir de feu qui couve. Mais ça ne veut pas dire non plus que les jeunes devront attendre jusqu’à la toute fin de la campagne de vaccination", a-t-il expliqué.

Ce dernier est enfin revenu sur l’éventuelle réouverture des métiers de contact le 13 février, un sujet qui sera à l’ordre du jour du comité de concertation de vendredi. "Le sentiment que l’on a, c’est que de nombreuses personnes ont vraiment besoin d’aller chez le coiffeur. Mais je ne m’avancerai pas sur une quelconque décision car ça dépendra d’où on en est avec le virus. Il serait toutefois très imprudent de considérer cette réouverture comme le début possible d’une série d’assouplissements", a conclu le ministre.

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