Steven Vanackere: "Les agences ne sont pas les maîtres du monde"

Le ministre des Finances souligne les aspects positifs des annonces de Standard & Poor's.
Le ministre des Finances souligne les aspects positifs des annonces de Standard & Poor's. - © Belga

La Belgique n'a pas été visée par Standard & Poor's vendredi soir. Mais l'agence de notation prévient: notre pays n'est pas à l'abri d'une nouvelle dégradation. Interrogé par la RTBF, le ministre des Finances Steven Vanackere voit pourtant, dans cette annonce, une raison de se réjouir.

Cette fameuse dette publique poursuit le pays depuis de nombreuses années. La dette publique, c'est l'ensemble des engagements financiers pris par un État sous forme d'emprunts. Chaque fois qu'un déficit public est financé par l'emprunt, la dette publique augmente. Et c'est cette capacité de remboursement des emprunts qui est notamment analysée par les agences de notation.

Pour l'instant, cette dette est de 361 milliards d'euros, soit 94 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Mais la Belgique revient de loin. Il fut un temps où elle se trouvait au-delà des 100%.

L'agence Standard & Poor's doit maintenant voir comment va évoluer l'économie belge et surtout quelles seront les mesures prises lors du prochain contrôle budgétaire, convoqué en février. La Belgique possède quelques arguments solides: une économie tournée vers l'exportation et compétitive, mais aussi un taux d'épargne élevé. Sans oublier, bien sûr, l'engagement du gouvernement à ramener le déficit public sous la barre des 3% en 2012.

À la Belgique de jouer, semble dire l'agence. Mais notre pays ne joue pas seul: la croissance sera minime cette année. La récession est là.

"Une dette tournant autour des 60% du PIB"

La dette publique belge pourrait-elle remonter et dépasser le seuil symbolique des 100%? "Tout est possible", répond Steven Vanackere (CD&V), ministre des Finances, interrogé par la RTBF. "Il fut un temps où on était à 138%. On a été capables de ramener cela à un niveau bien moins élevé. Il est bien sûr concevable que cela remonte. Mais l'ambition du gouvernement est de le faire descendre." Et de rappeler que l'objectif est d'atteindre un niveau de dette publique proche des 60%.

Dans les annonces faites par Standard & Poor's, le ministre relève tout de même une bonne nouvelle: "là où il y a quelques semaines, on s'attendait encore à court terme à pouvoir faire face à une dégradation de notre notation, maintenant Standard & Poor's remet cela à plus long terme. L'agence dit que finalement, si la Belgique est capable de poursuivre ce qu'elle a fait, notamment en décembre avec le vote au parlement et ensuite les mesures en janvier, si la Belgique est capable de poursuivre ces efforts, il n'y a pas lieu de faire une dégradation."

S'il refuse de verser dans l'euphorie, Steven Vanackere rappelle qu'il faut avant tout se montrer "volontariste" aujourd'hui. "Le message est clair: il faut tenir le budget en main et avoir un contrôle budgétaire en février qui prouve que cette confiance conditionnelle est méritée."

"Les agences de notation ne sont pas les maîtres de l'univers", glisse le ministre.

PIAB, avec Michel Lagase et Pascal Claude

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