Stéphane Pauwels face à ses juges

D’aucun appelent le procès qui s’ouvre ce matin devant le tribunal correctionnel de Mons, délocalisé, coronavirus oblige, au Lotto Mons Expo, le procès Pauwels.

Mais en réalité, l’ancien animateur de RTL n’est potentiellement concerné que par un seul des 30 vols avec violence qui seront examinés cette semaine par le tribunal. Celui commis en mars 2017, à Lasnes dans le Brabant wallon, au domicile de l’ancien petit ami de la compagne de Stéphane Pauwels à l’époque où les faits se sont déroulés.

Commanditaire d’un vol avec violence?

Alors quel rôle a pu bien joué l’ancien recruteur de joueurs de football dans pareil dossier ?

C’est en août 2018, alors qu’il doit participer à une émission radio, que Stéphane Pauwels est interpellé par des membres de la police judiciaire fédérale. Placé en garde à vue, le juge d’instruction en charge du dossier le suspecte d’avoir commandité un "home invasion" dans une habitation de Lasnes en Brabant-Wallon.

Pour les enquêteurs, c’est Stéphane Pauwels qui aurait fourni l’adresse du domicile à l’un de ses amis, un homme bien connu du monde de la nuit montoise, lequel aurait alors recruté trois malfrats pour effectuer la mission.

Passion amoureuse

Avec comme objectif ? Selon les enquêteurs, Stéphane Pauwels voulait donner une bonne leçon à l’ancien amant de sa compagne, lequel n’aurait pas accepté d’avoir été éconduit.

Mais rien ne se passe comme prévu. Les trois malfrats s’en prennent à la mauvaise personne, un ami de l’amant. Ils le frappent, ils le séquestrent avant de prendre la fuite, emportant un maigre butin.

Après une enquête minutieuse, la police judiciaire fédérale finit par interpeller une petite trentaine d’individus, dont les prévenus principaux sont les frères Hakim, une bande active dans les homes invasions. Quant à Stéphane Pauwels, trahi par sa téléphonie, c’est de son gsm que l’adresse du domicile lasnois a été envoyé, le voilà inculpé en tant que co-auteur d’un vol avec violence.

Déballage médiatique

L’animateur nie les faits. Selon lui, c’est son ancienne compagne qui a utilisé son téléphone pour envoyer l’adresse.

"On a bafoué la présomption d’innocence", nous a déclaré Stéphane Pauwels il y a quelques jours. "Ce procès n’est qu’un déballage médiatique sur mon nom", ajoute-t-il. "Je fais silence depuis deux ans, sans boulot ou quelques piges à peine. Mais j’ai gardé la dignité et la tête haute. Je n’ai pas peur du procès mais du spectacle que certains vont en faire .

Violation du secret de l’instruction rejetée

Durant l’instruction, plusieurs avocats, dont Sven Mary qui représente Stéphane Pauwels, ont plaidé la nullité des poursuites. En cause, le fait que le chef d’enquête ait eu une relation intime avec la compagne de l’un des prévenus. Une demande de violation du secret de l’instruction qui sera finalement rejetée par la chambre des mises en accusation, permettant au procès de s’ouvrir ce 14 septembre.

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