Statut unique, "le BHV du dialogue social" selon Paul Magnette

Statut unique, "BHV du dialogue social" selon Paul Magnette
Statut unique, "BHV du dialogue social" selon Paul Magnette - © Tous droits réservés

L'harmonisation des statuts d'ouvrier et d'employé ne permettra pas d'amener tout le monde vers le statut le plus élevé, mais devra protéger les travailleurs les plus vulnérables, selon le président du PS Paul Magnette. Ecolo réclame la protection la plus large de tous les travailleurs.

Paul Magnette: "Une réforme difficile"

"C'est une réforme difficile, le BHV du dialogue social, on en parle depuis des années", a rappelé sur les ondes de Bel-RTL Paul Magnette, ne jugeant dès lors "pas anormal" d'en informer les citoyens comme les syndicats le font ce jeudi en distribuant des tracts.

Le gouvernement fédéral planche sur cet épineux dossier auquel la Cour constitutionnelle a réclamé une réponse pour début juillet. Il fait face aux tiraillements internes de sa large coalition ainsi qu'aux prises de position fortes du patronat et des syndicats ces derniers jours.

"On ne peut évidemment pas amener tout le monde vers le statut le plus élevé", a reconnu Paul Magnette, pour qui il convient de trouver "une forme d'harmonisation qui suppose des équilibres".

"Il faut veiller en tout cas à ce que les travailleurs les plus vulnérables soient protégés", a-t-il relevé, concernant le point de friction que constituent les conditions de licenciement.

Ecolo réclame la protection la plus large de tous les travailleurs

La solution que le gouvernement fédéral doit donner à l'harmonisation des statuts d'ouvrier et d'employé devrait améliorer le statut des ouvriers et maintenir un haut taux de protection à tous les travailleurs, selon Ecolo.

Cette solution ne peut, par ailleurs, se faire au détriment des finances publiques ou de la sécurité sociale, commentent les Verts à propos de cette difficile équation à laquelle est confronté le gouvernement.

Ecolo estime que l'attitude et les réformes prises par le gouvernement depuis le début de la législature sur ces matières entretiennent l'inquiétude chez les travailleurs.

En complément de cette harmonisation des statuts, Ecolo réclame des mesures pour capter les emplois du futur et maintenir ceux d'aujourd'hui, via le renforcement de la formation permanente des travailleurs et de la Recherche et Développement, un dialogue social respectueux, l'amélioration de l'efficacité énergétique des entreprises ou un shift fiscal qui permettrait d'alléger le coût du travail en faisant davantage contribuer les revenus des capitaux. "C'est à ces conditions que notre pays retrouvera la voie de la paix sociale et d'une prospérité mieux partagée", estime Ecolo.

CNE: Un "grand succès"

La journée de mobilisation pour réclamer notamment une harmonisation vers le haut des statuts d'ouvriers et d'employés a été qualifiée de "grand succès" par la CNE.

"A priori, cela peut sembler très difficile de réussir une grève de solidarité sur un enjeu interprofessionnel 'préventif'", les travailleurs étant moins directement et personnellement frappés. Mais "cette première journée est un grand succès", a estimé la CNE.  

Le syndicat chrétien des employés souligne que "des centaines d'entreprises sont fermées dans tous les secteurs et toutes les régions" et que "dans des centaines d'autres, des arrêts de travail ont permis d'organiser des assemblées du personnel."

La CNE évoque une "première journée d'avertissement", "avant qu'il ne soit trop tard, avant que la décision du gouvernement ne soit forgée".

Les prochaines actions seront détaillées la semaine prochaine, a enfin averti le syndicat.

Comeos : un impact financier non négligeable

La journée d'actions syndicales pour réclamer notamment une harmonisation vers le haut du statut des ouvriers et des employés a touché essentiellement les commerces wallons, selon Comeos, la fédération du commerce et des services. Le mouvement a un impact financier non négligeable, a-t-elle ajouté.

Selon Comeos, une cinquantaine de magasins ont été fermés en Wallonie, aucun en Flandre et quelques actions se sont déroulées à Bruxelles.

Comeos estime par ailleurs que l'impact financier de la journée d'actions n'est pas à "sous-estimer". Si les conséquences dépendent de la taille du magasin et du chiffre d'affaires habituel d'un jeudi, les pertes ne sont pas toujours récupérées: "pour les denrées alimentaires (...) les achats reportés sont souvent perdus". Outre un impact direct, Comeos évoque des conséquences indirectes sur le fonctionnement des magasins comme les préparatifs liés la journée de grève, des problèmes dans l'acheminement des marchandises, etc.

Comeos souligne enfin que les piquets de grève installés sont "inacceptables". Pour l'Union des Classes Moyennes (UCM) et l'Union Wallonne des Entreprises (UWE), "les piquets empêchant l'accès aux entreprises, à fortiori à des zonings entiers, ou bloquant la circulation, sont tout simplement illégaux".

D'après Belga

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