Soudanais du parc Maximilien: l'Office des étrangers remotive les décisions d'expulsion

Le parc Maximilien à Bruxelles
Le parc Maximilien à Bruxelles - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

En ce qui concerne les Soudanais arrêtés ces dernières semaines au parc Maximilien à Bruxelles, l'Office des étrangers est en train de remotiver toutes les décisions d'expulsion qu'il avait prises. En effet, le conseil du contentieux des étrangers, qui devait statuer la semaine dernière sur le cas d'un sans-papier, a estimé que l’État belge ne pouvait pas renvoyer quelqu'un au Soudan, pays en guerre, sans justifications claire. Cette décision a donné de l'espoir aux autres Soudanais en attente d'expulsion.

Ils sont 42 Soudanais enfermés en ce moment, après avoir reçu un ordre de quitter le territoire, dans des lieux comme le Centre Caricole ou le 127 bis, près de l'aéroport de Zaventem.

"Nez-à-nez"

C'est le cas des clients de l'avocate Selma Benkhelifa, c'est là qu'ils ont d'ailleurs été identifiés par la délégation venue du Soudan, explique-t-elle : "On leur a dit qu'ils auraient une interview et, au moment d'entrer dans le local de l'interview, ils se sont rendus compte que ce n'était une interview avec l'Office des étrangers, mais ils se sont retrouvés nez-à-nez avec la délégation soudanaise", alors qu'ils ne savaient pas que le gouvernement belge coopérait avec les Soudanais.

"C'était vraiment un choc de se retrouver finalement devant les personnes qu'ils ont fuies", poursuit l'avocate.

Demande de mise en liberté

Pour tenter d'éviter l'expulsion ses clients peuvent introduire une demande d'asile en Belgique. "Nous allons essayer d'introduire une demande de mise en liberté, pour pouvoir après introduire une demande d'asile"dit-elle, car ils refusent de demander l'asile en détention. Ils manquent de confiance envers les autorités belges devant qui ils vont devoir se mettre à nu.

"Quand on demande l'asile, on vous demande vraiment des détails sur toutes les activités politiques que vous avez eues à l'encontre de votre gouvernement. Ce n'est pas évident de donner ce genre d'informations alors qu'on leur a montré que la Belgique était en bons termes avec leur État persécuteur", explique Selma Benkhelifa. Elle attend que l'Office des étrangers signifie les nouvelles décisions de quitter le territoire, pour introduire un recours contre l'expulsion de ses clients.

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