Sortie du nucléaire: la situation n'est pas claire en Belgique

Ce matin, la ministre de l’Intérieur Annemie Turtelboom estimait que la Belgique tirera les leçons "de cette nouvelle catastrophe" et qu'il faudra "réévaluer la sécurité dans nos installations nucléaires, car c'est trop important pour les gens".

Mais faut-il sortir du nucléaire en Belgique ? La ministre Open VLD a refusé de tomber dans le "populisme", mais "on tirera les leçons", précise-t-elle. 

Mais en fait, où en est-on du point de vue de l’énergie nucléaire en Belgique ? C’est toujours le plus grand flou en terme de décisions concrètes. Officiellement, la Belgique est toujours censée fermer ses premières centrales en 2015 (elles auront alors 40 ans). La loi de début 2003, est claire : sortie du nucléaire, avec fermeture progressive des sept centrales.

Sauf, prévoyait la loi, en cas de force majeure, autrement dit une menace sur la sécurité d'approvisionnement en énergie du pays.

Or, le doute est bien là : huit ans après l'adoption de la loi de sortie, le nucléaire fournit toujours 60% de l'électricité nationale, les investissements pour les énergies alternatives restent lents et les prix des produits pétroliers et gaziers sont repartis à la hausse. D'où de plus en plus de petites phrases tous azimuts pour évoquer une prolongation des centrales : proposition Magnette en 2009 de prolonger Tihange 1, Doel 1 et 2 de 10 ans. Même Joëlle Milquet est allée dans le même sens. Tout comme le Premier ministre Yves Leterme lui-même, la semaine dernière, qui s'appuyait sur un rapport de l'Agence internationale de l'Energie recommandant de prolonger encore nos centrales.

Ce prolongement ne suscite plus aujourd'hui que la critique que des Verts du Nord et du Sud et du sp.a. Olivier Deleuze, député Ecolo, le répétait à notre micro ce lundi : "Aucun pays ne peut être à l'abri d'un accident nucléaire; il y a aujourd'hui des centrales dans 31 pays du monde. Je ne connais aucun de ces pays qui aurait comme message à sa population, que ça peut arriver. Tous disent : ‘Pas chez nous’. Je pense qu'il faudrait à la lumière des événements dramatiques qui se sont passés au Japon, calmement mettre en oeuvre cette loi qui existe toujours, garantir la sécurité d'approvisionnement et il y a suffisamment de centrales construites en ce moment, qui pourraient compenser la fermeture de Doel I, Doel 2 et Tihange 1. Organiser le réseau électrique autrement parce que la meilleure politique de prévention de ce type d'accident, c'est de fermer lentement les centrales belges existante".

Greenpeace est du même avis. "On ne connait pas du tout la résistance des centrales vieillissantes et aussi le savoir-faire des gens qui ont travaillé sur ces centrales. Des gens qui vieillissent… Et donc ça nous semble effectivement un bon moment de rester à la décision de sortir du nucléaire de 2003 et de s'engouffrer au plus vite dans tout ce qui est énergie renouvelable", explique Michel Genet, directeur.

Le débat est donc loin d'être clos...

J.C., avec F. Van Eeckaut et agences

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK