Sortie du nucléaire: Groen propose une majorité alternative au parlement

Meyrem Almaci, présidente de Groen
Meyrem Almaci, présidente de Groen - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le parti Groen veut déposer une résolution au Parlement pour confirmer la sortie du nucléaire de la Belgique à l'horizon 2025. Les 4 ministres compétents pour l'énergie au fédéral et dans les entités fédérées ont conclu en décembre un accord sur un projet de pacte énergétique pour permettre cette sortie. Un pacte finalement rejeté par la N-VA en l'état. De quoi provoquer des remous au sein du gouvernement de Charles Michel, décidant de reporter le débat à 2018. Sauf que pour le président de la N-VA Bart De Wever aucune décision ne devrait tomber avant 2019 et la fin de la législature.

Et voilà que les écologistes proposent de passer par une initiative parlementaire et la recherche d'une majorité alternative pour confirmer la sortie du nucléaire. C'est ce qu'a expliqué Meyrem Almaci, présidente de Groen, à la VRT : "Les 4 ministres de l'Energie ont pris leurs responsabilités, ils ont conclu un pacte énergétique. S'il n'est pas assez rapidement mis en œuvre, si début 2018 aucun éclaircissement ne vient, alors nous allons reprendre littéralement le texte de ce pacte et le déposer à la Chambre sous forme d'une résolution. De quoi faire reconfirmer la sortie du nucléaire par le parlement".

"Il faut créer de la stabilité pour des investisseurs" poursuit-elle. "Pour cela il faudrait que le Premier ministre Michel puisse mettre ses troupes sur la même ligne, et si pour cela il a besoin d'une aide et d'une résolution pour faire confirmer le pacte par le parlement, alors c'est une initiative qui nous n'allons pas laisser passer".

"L'accord de gouvernement plus puissant que le changement de majorité proposé par Groen"

L'offre de Groen est jugée "sympathique" par le député flamand Robrecht Bothuyne (CD&V). "J'espère que l'opposition s'associera au pacte énergétique s'il aboutit. C'est un accord à long terme et il y a de grandes chances que nous nous trouvions tous dans l'opposition et la majorité d'ici là", fait-il remarquer.

Les chrétiens-démocrates ne vont donc pas saisir la main tendue par les écologistes. "Il y a un accord de gouvernement et une loi, ce sont des armes plus puissantes qu'une résolution", estime le député fédéral Leen Dierick. "Il est étonnant que la N-VA veuille maintenant l'ignorer, d'autant que leur député Bert Wollants a été l'un de ceux qui soulignaient la nécessité d'un pacte énergétique."

L'Open Vld pense également que la majorité va s'en sortir seule. "Personne ne veut mettre en danger la sécurité d'approvisionnement ou le caractère abordable de l'énergie", affirme le député Egbert Lachaert. "Il faut exprimer son ambition, placer la barre suffisamment haut et évaluer les investissements d'ici deux à quatre ans. Si un problème de sécurité d'approvisionnement apparaît, il pourra être corrigé. Des solutions existent, il n'est pas nécessaire de repousser chaque fois la fermeture des centrales nucléaires."

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