Sortie du nucléaire en 2025: les politiques répondent à l'étude menée par Elia

25 juin 2017, manifestation à Tihange pour réclamer la fermeture immédiate de Tihange 2 et Doel 3.
25 juin 2017, manifestation à Tihange pour réclamer la fermeture immédiate de Tihange 2 et Doel 3. - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Le gestionnaire du réseau électrique haute tension Elia sort, ce lundi, une étude qui vise à tirer la sonnette d'alarme. Sortir du nucléaire en 2025 d'accord, mais pas n'importe comment. Si la fermeture des centrales nucléaires belges auraient un impact largement positif sur l'environnement, elles ne peuvent pas disparaître sans qu'une autre solution durable soit pensée. 

Après les déclarations d'Elia, les politiques et autres organismes environnementaux n'ont pas tardé à donner leur avis sur la question. Le nucléaire représente 50% de la production énergétique belge, l'arrêter oui, mais pour le remplacer par quoi ? 

Pas de report possible

Pour le chef de groupe Ecolo-Groen, Jean-Marc Nollet, l'étude publiée par Elia représente "une bonne nouvelle car elle confirme que la Belgique peut sortir du nucléaire en 2025". Aussi, cette étude "responsabilise le gouvernement fédéral. Désormais, la ministre Marie-Christine Marghem ne peut plus se cacher. Elle a tout entre ses mains pour confirmer la sortie du nucléaire en 2025, dans le cadre du pacte énergétique, mais aussi pour dire quel chemin alternatif la Belgique va prendre".

Ce qui est certain pour la députée fédérale Leen Dierick (CD&V) c'est que "La dernière chose à faire, c'est à nouveau reporter la sortie du nucléaire parce que nous ne serions pas prêts avec des solutions de rechange". Néanmoins, le parti chrétien-démocrate estime qu'un travail important doit être accompli pour trouver des solutions de rechange. Aussi, et surtout, le pacte énergétique nécessite une collaboration des différents gouvernements du pays, ce qui semble, à ce stade, loin d'être gagné. 

Une sortie possible avec de la bonne volonté

Pour l'organisation du secteur des énergies durables en Flandre (ODE), le constat est clair : les centrales nucléaires doivent fermer. "L'étude d'Elia montre que la sortie du nucléaire en 2025 sera viable et économiquement responsable", affirme Bram Claeys, directeur général de l'organisation du secteur des énergies durables en Flandre. Par contre, l'ODE reste perplexe quant au remplacement des centrales nucléaires par des centrales à gaz qui émettent du CO2. "Nous devons inciter autant que possible au développement d'énergie renouvelable."

Une idée qui satisfait les écologistes mais qui ne semble pas envisageable pour Elia. "Comment va-t-on faire pour approvisionner les gens en énergie lorsqu'il n'y aura ni vent ni soleil? Nous ne pouvons pas nous contenter du renouvelable." juge Chris Peeters, CEO d'Elia. 

Prolongation temporaire

Autre son de cloche pour la Fédération des entreprises belges (FEB) qui estime que les deux plus jeunes centrales doivent rester temporairement ouvertes même après 2025. "D'autres pays comme la Suisse ou plus récemment la France se dirigent également vers cette voie." plaide la FEB. 

Ce qui reste encore flou, c'est ce que tous ces changements vont engendrer comme coûts. Bien que le temps presse, les organisations de défense de l'environnement campent sur leur position. Repousser encore la fermeture des centrales serait inadmissible et les mesures doivent être prises maintenant. 

"Il n'y a plus de temps à perdre. La sortie du nucléaire doit se trouver dans le pacte énergétique et des mécanismes doivent attirer les investissements nécessaires" réagit Mathias Bienstman, responsable des politiques climatique et énergétique chez BBL.

Si le pays veut devenir un maillon clé dans le tournant climatique européen, alors il doit tenir ses promesses et commencer à préparer la sortie du nucléaire dès aujourd'hui. "La Belgique pourrait devenir pionnière en matière d'industrialisation de la production de batteries de stockage. Nous avons les entreprises, la recherche et développement et des sites disponibles, comme le site de Caterpillar", estime Jean-Marc Nollet.

La N-VA à contre courant

S'il y a bien une déclaration qui va dans le sens contraire de toutes les autres, c'est celle de la N-VA. Pour le parti nationaliste flamand, la prolongation de la durée de vie d'une série de centrales, pour au moins dix ans, doit être étudiée. Une idée qui ferait rugir plus d'une organisation. Les députés N-VA demandent de mener le débat "sur base de faits et de chiffres, et pas sur base d'une idéologie".

Elia a appelé les autorités belges mercredi à prendre rapidement des décisions pour assurer l'avenir du secteur énergétique belge. Si le pays sort bien du nucléaire en 2025 comme prévu, une capacité supplémentaire de production thermique réglable d'au moins 3,6 GW sera nécessaire. De nouvelles centrales au gaz devront ainsi être construites. Si le gouvernement n'agit pas, alors le nucléaire devra être prolongé jusqu'à 4 GW.

Reste à établir le fameux pacte écologique dont la consultation citoyenne a pris fin le 5 novembre. "Cette étude confirme ce que j'ai déjà dit à plusieurs reprises: le pacte énergétique interfédéral doit être prêt le plus vite possible", explique Bart Tommelein (Open VLD). Sans ce pacte, pas d'avancées. Sans avancées, pas de sortie du nucléaire...

 

Sujet sur l'étude menée par Elia (JT 13h du 15 novembre)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK