Sophie Wilmès va devenir Première ministre en remplacement de Charles Michel

Son nom circulait dans les couloirs de la Chambre depuis plusieurs mois. On apprend ce samedi que Sophie Wilmès (MR), ministre fédérale du Budget, sera proposée au Roi comme Première ministre en affaires courantes en remplacement de Charles Michel, qui deviendra en décembre président du Conseil européen. C'est l'une des décisions prises ce samedi par un comité ministériel restreint ("kern") rassemblant les principaux ministres du gouvernement fédéral. Dans une déclaration à l'agence Belga, Sophie Wilmes a "remercié ses collègues (du gouvernement) pour leur confiance". Elle a affirmé "mesurer la responsabilité qu'implique. Je mettrai tout en oeuvre pour assurer dans la stabilité et la continuité la gestion des affaires courantes", a-t-elle ajouté. Elle devrait devenir la première femme à accéder au 16 rue de la Loi. 

David Clarinval ministre du Budget

Ce kern a aussi décidé samedi de proposer au Roi le nom d'un nouveau ministre du Budget, de la Fonction publique et de la Politique scientifique en affaires courantes en la personne de David Clarinval, actuel chef de groupe du MR à la Chambre.

Et "si un nouveau gouvernement n'est pas formé au moment du départ du ministre des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders, pour la Commission européenne, il sera proposé au Roi un remplaçant issu du MR pour assumer ces responsabilités", selon le cabinet de Charles Michel.

Dans ce cas de figure, les Affaires européennes iraient à Koen Geens (CD&V) dans l'attente de la formation d'un nouveau gouvernement fédéral, toujours selon la même source.

C’est donc la première femme nommée à ce poste en Belgique. Charles Michel avait annoncé ce vendredi au Conseil des ministres qu’il souhaitait être déchargé de sa responsabilité de Premier ministre au plus tard au début du mois de novembre afin de préparer la présidence du Conseil européen.

Il se disait que les deux partis flamands n’étaient pas très ouverts à cette idée. Par sur la personnalité de Sophie Wilmès, qui est très respectée, mais plutôt sur le fait de voir, à nouveau, un et en l’occurrence ici une Première ministre francophone. Dans un contexte où un retour aux urnes fédérales n’est pas à exclure, cela pourrait encore un peu plus affaiblir les partis flamands. Mais finalement, pour la première fois depuis 1830, c’est une femme, libérale, qui dirigera le gouvernement belge, et cette femme c’est Sophie Wilmès.

Koen Geens: "La solution qui implique le moins de changements"

"Nous avons opté pour une solution qui implique le moins de mouvements au sein de ce gouvernement en affaires courantes", a commenté le vice-Premier ministre CD&V Koen Geens.  "Madame Wilmès est une femme politique forte et nous lui souhaitons du succès dans son nouveau rôle de Première ministre. Elle peut compter sur nous", a déclaré Koen Geens.

De professeure d’économie à Première ministre

Sophie Wilmès, 44 ans, mariée, 4 enfants, est la fille de Philippe Wilmès, qui fut professeur d’économie à Louvain, membre de plusieurs cabinets ministériels libéraux et régent de la Banque nationale. Elle-même est entrée en politique au plan local d’abord, Uccle, puis Rhode-Saint-Genèse depuis les années 2000. Elle y fut échevine de 2007 à 2015 et y siège encore actuellement au conseil communal.

Elle a été députée fédérale en 2014-2015 comme suppléante de Didier Reynders, avant de devenir en septembre 2015 ministre du Budget jusqu’à aujourd’hui, également chargée de la Loterie nationale, de la Fonction publique et de la politique scientifique. En mai dernier, elle obtient 16.000 voix de préférence.

Favorable à un dialogue entre PS et N-VA

Interviewée sur La Première mi-octobre, Sophie Wilmès s’était prononcée sur une possible coalition associant PS et N-VA. "Ce que je trouve intéressant c’est de voir Rudy Demotte qui appelle également à un dialogue avec N-VA. La préformation c’est quoi ? C’est la volonté des deux grandes familles politiques de travailler ensemble à un projet et j’espère que cela va donner un coup d’accélérateur à ces négociations. Le MR sera présent aussi pour négocier et compte bien imposer ses marqueurs dans le débat. Le monde n’attend pas la Belgique pour évoluer."

Elle occupera le poste de Première ministre jusqu’à l’avènement d’un nouveau gouvernement, ou jusqu’à l’organisation d’élections anticipées (janvier-février 2020) si le blocage politique devait persister.

Des félicitations

"Félicitations Sophie Wilmès qui sera proposée au Roi comme Première ministre en affaires courantes", a tweeté Charles Michel, qui a souligné qu'elle serait la première femme à ce poste.

"Première femme Première ministre de notre pays, même si en affaires courantes. L'important est à présent de garantir la continuité - aussi brièvement que possible espérons-le. Notre gouvernement a besoin d'un gouvernement fédéral de plein exercice", a également commenté sur Twitter Alexander De Croo, le vice-Premier ministre Open Vld.

De nombreuses autres personnalités, surtout issues du MR, ont félicité Sophie Wilmès sur le réseau social. "Une grande amie, extrêmement compétente et volontariste. La première femme Première ministre de notre Pays. Libérale et un atout majeur pour notre futur", a ainsi écrit Willy Borsus, le vice-président du gouvernement wallon.

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