Sophie Wilmès sur le naufrage de migrants: "le racisme n'est pas une opinion mais un délit"

Sophie Wilmès sur le naufrage de migrants: "le racisme n'est pas une opinion mais un délit"
Sophie Wilmès sur le naufrage de migrants: "le racisme n'est pas une opinion mais un délit" - © Tous droits réservés

La Première ministre, Sophie Wilmès, a condamné ce jeudi les commentaires racistes qui ont essaimé sur les réseaux sociaux après le naufrage du bateau transportant des migrants au large de La Panne. Elle proposera au comité de concertation, qui rassemble le gouvernement fédéral, des Communautés et Régions, de créer une conférence interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme.


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"Je veux condamner fermement de tels propos qui sont une injure aux valeurs de respect et de dialogue qui fondent notre société", a-t-elle déclaré à la Chambre en réponse à des questions de Jessika Soors (Ecolo-Groen), Sophie Rohonyi (DéFI), Kattrin Jadin (MR), Nadia Moscufo (PTB) et Khalil Aouasti (PS).

"La liberté d’expression est sacrée mais le racisme et l’antisémitisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits", a-t-elle ajouté. La Première ministre a énuméré les initiatives prises par le gouvernement pour lutter contre la propagation de la haine sur les réseaux sociaux. Elle estime toutefois que l’action doit se poursuivre. Le point sera abordé lors de la prochaine réunion des gouvernements du pays le 19 février. "Après Bilzen (où le feu a été mis à un futur centre pour demandeurs d’asile), c’est trop ! Le temps de l’indignation ne suffit pas, il faut passer à l’action", a-t-elle souligné.

 

"Qui alimente le racisme ?"

"Je vous remercie pour votre discours clair", a répondu Aouasti qui, comme d’autres de ses collègues, a pointé du doigt un parti dans la banalisation de la haine sur les réseaux sociaux : le Vlaams Belang, qui n’a d’ailleurs pas applaudi la réponse de la Première. L’extrême-droite n’a pas été la seule mise en cause. Ecolo-Groen et le PTB ont aussi visé la N-VA, notamment sa campagne, retirée après quelques heures, contre le Pacte des migrations de l’ONU en 2018.

"Qui alimente le racisme ? Ces discours de haine sont propagés par la droite nationaliste et l’extrême-droite", a accusé Nadia Moscufo (PTB). Les écologistes ont proposé la mise sur pied d’un groupe de travail pour faire en sorte que les délits de haine soient bel et bien poursuivis et l’élaboration d’une déontologie pour les parlementaires. "Vous êtes des hypocrites", a lancé Jessika Soors vers les bancs nationalistes, les accusant de commémorer l’Holocauste ce mercredi à la Chambre avec les autres partis et d’ensuite "répandre des fake news" sur les réseaux sociaux.

Où est le plan national contre le racisme ?

Il reste un absent.

Plusieurs députés ont rappelé que la Belgique n’a toujours pas de plan national de lutte contre le racisme… 19 ans après s’y engagée sur la scène internationale. "Pendant ce temps, le racisme se répand de manière totalement décomplexée", a déploré Sophie Rohonyi.

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